Investissement Québec distingue ses deux rôles

Investissement Québec distingue ses activités menées à titre de mandataire du gouvernement de celles de ses investissements à même ses fonds propres.
Photo: iStock Investissement Québec distingue ses activités menées à titre de mandataire du gouvernement de celles de ses investissements à même ses fonds propres.

Investissement Québec suit son plan stratégique et répond aux doléances du Vérificateur général. La société d’État distingue ses activités menées à titre de mandataire du gouvernement de celles de ses investissements à même ses fonds propres.

Investissement Québec (IQ) parle d’une évolution majeure. Son organigramme verra apparaître une première vice-présidence principale appelée à regrouper les interventions menées à la demande du gouvernement. Pierre Gabriel Côté, président-directeur général d’IQ, explique. « Comme gestionnaire des mandats et des programmes gouvernementaux, la Société offrira son expertise en mode solution, afin de mettre en lumière l’imputabilité du gouvernement dans les décisions prises dans le Fonds de développement économique. En tant que prestataire de services financiers aux entreprises avec ses capitaux propres, Investissement Québec offrira à ses clients du financement stratégique et de l’expertise en toute complémentarité. »

La porte-parole de l’institution, Chantal Corbeil, précise que cette première vice-présidence liée au rôle de mandataire du gouvernement et d’administrateur du Fonds de développement économique chapeautera notamment les activités de prospection, les décrets, les subventions… Cela comprend Ressources Québec et des interventions stratégiques comme celle ayant impliqué une prise de participation dans Rona à des fins de blocage. Bref « tout ce qui se fait au nom du gouvernement ».

Une autre première vice-présidence sera consacrée aux engagements financiers impliquant les capitaux propres de la société d’État. Elle reprend les missions de banquier d’affaires et d’investisseur en capital de risque auparavant distinctes avant la fusion avec la Société générale de financement (SGF), effectuée au printemps 2011.

Cinq constats

Dans son rapport de juin dernier, le Vérificateur général du Québec dressait cinq grands constats. Sur la confusion entre les deux rôles fondamentaux, « les critères pour déterminer si les interventions financières d’importance doivent être réalisées par le Fonds de développement économique ou par IQ ne sont pas précis […] Il devient difficile de différencier la responsabilité et l’imputabilité qui reviennent à IQ et celles qui incombent au gouvernement. » Le Vérificateur donnait, ici, l’exemple de Rona et rappelait que, « dans les faits, des interventions menées entièrement à même les capitaux propres d’IQ découlent de demandes provenant de représentants gouvernementaux ».

Les autres éléments soulevés par le Vérificateur concernent des objectifs de rentabilité financière ne prenant pas en compte le coût d’emprunt du gouvernement, une présentation inadéquate de l’impact de ses interventions, une information déficiente rendant difficile l’évaluation de sa performance, et l’incapacité à ne pas atteindre l’objectif d’économie demandé lors de la fusion de ses activités avec celles de la SGF.

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