Malgré le jugement en faveur de Hollinger International - Les Barclay n'abandonnent pas le London Telegraph

Les Barclay n’abandonnent pas le Telegraph
Photo: Agence Reuters Les Barclay n’abandonnent pas le Telegraph

Toronto — Dans la foulée d'un important jugement d'un juge du Delaware jeudi, les frères David et Frederick Barclay, les milliardaires britanniques qui devaient acheter Hollinger, la société de portefeuille torontoise de Conrad Black qui contrôle Hollinger International, de Chicago, laisseraient tomber leur projet. Mais ils auraient encore l'idée de mettre la main sur le prisé London Telegraph.

Andrew Neil, le rédacteur en chef de Press Holdings, l'entreprise des frères Barclay, a affirmé hier que le jugement de la veille constituait un «sérieux revers». Le jugement du juge Leo Strine, de la Cour de chancellerie du Delaware (où Hollinger International est incorporée), a maintenu jeudi les mesures mises en place par des membres dissidents du conseil pour empêcher Conrad Black de vendre son bloc d'actions aux Barclay.

Hollinger, contrôlée par Conrad Black, détient 73 % des droits de vote de Hollinger International, mais seulement 30 % de ses actions.

M. Neil a indiqué hier que Press Holdings pourrait encore tenter d'acheter le London Telegraph, qui appartient à Hollinger International, par d'autres moyens. «Il me semble que les espoirs des Barclay de mettre la main sur Hollinger International par l'entremise de Conrad Black sont morts avec ce jugement», a affirmé M. Neil à la chaîne de télévision britannique ITV.

Dragée toxique

Par ailleurs, Hollinger International a activé sa dragée toxique visant à empêcher Conrad Black de changer ses règles internes de façon à prendre le contrôle de la compagnie.

L'offre des Barclay pour acquérir Hollinger «est pratiquement morte à ce stade-ci, a commenté Rory Buchalter, un analyste chez Dominion Bond Rating Service. Cela ne veut pas dire que les Barclay ne vont pas avoir ce qu'ils veulent au bout du compte.»

Le juge Strine dit dans son jugement que M. Black «a violé ses responsabilités contractuelles de fiduciaire de façon persistante et sérieuse». Il ajoute que sa conduite pourrait porter un «grave préjudice» à Hollinger International ainsi qu'à ses actionnaires.

Le juge empêche par ailleurs Conrad Black de modifier les règles de gouvernance de Hollinger International, ce qui lui aurait permis d'exercer un plus grand contrôle sur le conseil d'administration.

La voie à suivre

Tard jeudi, Conrad Black a affirmé qu'il n'est «respectueusement» pas d'accord avec le jugement Strine, mais qu'«il indique la voie à suivre pour accorder aux actionnaires la pleine valeur» dans le cas de la vente de Hollinger International.

M. Black a souligné qu'il bénéficierait d'une vente aux enchères de la compagnie qui serait organisée par la firme Lazard LLC. Selon lui, cette façon de faire rapporterait davantage que l'entente avec les frères Barclay.

Andrew Neil soutient que deux options s'offrent maintenant aux frères Barclay pour acquérir le London Telegraph: tenter d'acheter Hollinger International — ce qui pourrait nécessiter de gros investissements, de 1,6 à 1,7 milliard $US, selon M. Neil —, ou «rejoindre ceux qui espèrent devenir acquéreurs du Telegraph seulement».

À la Bourse de Toronto hier, le titre de Hollinger a gagné 10 ¢ pour clôturer à 7,60 $ alors que celui de Hollinger International, à la Bourse de New York, a pris 1,30 $US, pour terminer la séance à 18,60 $ US.