La croissance américaine reste solide

New York — Trois indicateurs conjoncturels meilleurs que prévu sont venus confirmer hier la vigueur de la reprise économique aux États-Unis, même si les consommateurs restent préoccupés par la situation toujours fragile du marché de l'emploi.

Le département du Commerce a révisé en hausse symbolique, de 4 % à 4,1 %, le chiffre de la croissance du PIB au quatrième trimestre alors que les économistes s'attendaient à une révision en baisse à 3,6 %. L'indice d'activité du secteur manufacturier de la région de Chicago, lui, ressort en baisse à 63,6 en février contre 65,9 le mois précédent, mais il était attendu à 63,5. Quant à l'indice de confiance du consommateur de l'université du Michigan, il a été révisé en hausse à 94,4 contre 93,1 en première estimation, alors que les économistes l'attendaient à 93,5.

Ces trois statistiques ont alimenté la hausse de Wall Street en début de séance et l'indice du Michigan n'a provoqué qu'un léger repli du dollar, vite revenu à son niveau d'avant leur publication face à l'euro.

La révision du PIB des trois derniers mois de l'année confirme que l'économie américaine a enregistré au second semestre sa plus forte croissance depuis 1984, dépassant jusqu'aux performances du boom de la fin des années 1990. «Cela confirme simplement que l'économie s'est bien comportée au second semestre de l'an dernier et cela montre que la tendance positive devrait se maintenir au premier trimestre de cette année», explique Joe LaVorgna, économiste de Deutsche Bank Securities. Il estime qu'au vu des derniers chiffres, l'économie semble croître à un rythme «bien supérieur» à 4 %, ce qui serait un bon présage d'une augmentation des créations d'emplois.

La révision du PIB de la fin 2003 s'explique pour l'essentiel par une hausse nettement plus forte qu'estimé initialement des investissements des entreprises en équipements et en logiciels: ils affichent en effet une croissance de 15,1 %, contre 10 % en première estimation. L'évolution de l'investissement des entreprises est à même de renforcer les anticipations d'une croissance soutenue avant tout par ce poste cette année, ce qui permettrait de compenser un éventuel reflux de la consommation des ménages, dopée l'an dernier par les allégements fiscaux.