Le ministre MacAulay accusé de dire des «niaiseries»

Daniel Gosselin, producteur laitier propriétaire d’une fromagerie artisanale, et l’une de ses vaches.
Photo: Jacques Nadeau le Devoir Daniel Gosselin, producteur laitier propriétaire d’une fromagerie artisanale, et l’une de ses vaches.

Après la « bullshit », les « niaiseries » : l’opposition néodémocrate et bloquiste à Ottawa ne mâche pas ses mots pour varloper le ministre fédéral de l’Agriculture, Lawrence MacAulay, et son programme de compensation pour les producteurs et transformateurs laitiers et fromagers.

Le ministre se fait accuser par les deux partis d’avoir accouché d’un plan de transition qu’ils jugent insuffisant pour compenser les pertes qu’essuiera l’industrie québécoise avec l’entrée en vigueur du traité de libre-échange entre le Canada et l’Union européenne. Lors de la période de questions en Chambre, mardi, il a été pris à partie par la porte-parole néodémocrate en matière d’agriculture, Ruth Ellen Brosseau, qui lui a reproché de dire « des niaiseries » au sujet de ce programme d’une valeur totale de 350 millions.

L’élue a tenu à revenir sur des propos formulés la veille par le ministre de l’Agriculture en réponse à sa question concernant ce programme, qu’elle juge trop chiche pour l’industrie de la production et de la transformation laitière et fromagère du Québec. « Les producteurs laitiers de l’Ontario sont très contents », avait lâché Lawrence MacAulay — une réplique qui en avait fait sursauter quelques-uns dans les banquettes du Nouveau Parti démocratique et du Bloc québécois.

Bonification réclamée

Un peu plus tard au cours de la même séance en Chambre, le député bloquiste de Mirabel, Simon Marcil, avait aussi interrogé le ministre sur le programme de transition, en réclamant une bonification de celui-ci. Il n’a cependant pas eu de réponse à sa question, ayant accusé le ministre de dire de la « bullshit » et refusé de se rétracter lorsque le président des Communes, Geoff Regan, lui avait demandé de le faire.

Le ministre MacAulay a réitéré mardi, en mêlée de presse, que le programme concocté par son gouvernement tient compte des points de vue des producteurs et transformateurs laitiers et fromagers des quatre coins du pays, « incluant les agriculteurs du Québec ». Des représentants de l’industrie québécoise ont accueilli avec déception le plan de transition, dont les sommes devront être investies dans l’innovation, la modernisation des opérations ainsi que l’amélioration de la productivité et de la compétitivité. Le gouvernement du Québec l’a aussi jugé trop peu généreux. Sans chiffrer précisément ses revendications, le premier ministre québécois Philippe Couillard a laissé entendre, la semaine dernière, que la part dévolue au Québec ne suffisait pas.

Invitée à dire si Ottawa était prêt à bonifier le montant rattaché au plan, mardi, la ministre fédérale du Commerce international, Chrystia Freeland, s’est contentée de dire « que c’est un très bon programme qui sera efficace pour les producteurs laitiers au Québec et au Canada ».

3 commentaires
  • Yvon Beaudoin - Abonné 23 novembre 2016 06 h 12

    Mise au point requise

    Qu'est-ce que font les deputes fédéraux du Québec et au premier chef nos ministres autour de la table du conseil des ministres pour défendre les producteurs laitiers et les transformateurs du Québec. Apres Bombardier, Muskrat Falls, les milliards annonces sur la cote ouest et est, que se passe-t-il avec nos députés québécois à la chambre des communes? On n'entend pas non plus les deputés conservateurs québécois si prompt à réagir quand il est question des pipelines ou de supporter l'industrie pétrolieres.

    • François Dugal - Inscrit 23 novembre 2016 10 h 28

      La «ligne de parti», est-ce que ça vous dit quelque chose, monsieur Beaudoin?

  • Yvon Beaudoin - Abonné 23 novembre 2016 23 h 43

    Le caucus des deputes

    Le caucus des deputes existe pour debattre et defendre ces commettants. Et il ya d'autres endroits où les deputaux liberaux peuvent soumettre leurs points. Meme en chambre, un depute liberal peut poser une question au ministre. C'est pas parce que Parmalat, Cargill, Unilever, l'establishment, les biens pensants ou les ayant droits de la region de Toronto pensent que le libre-echange sans mesures compensatoires c'est bon et que c'est de bonnes mesures pour toutes les regions du Canada. Le Canada n'est pas si different des Etats-Unis. Le tsunami qui a frappé les démocrates déconnectés des gens ordinaires peut frapper aussi ici dans 3 ans.