Moody’s maintient le triple A stable du Canada et salue sa résilience

Moody's accorde une bonne note au Canada pour la transparence de sa politique monétaire et pour son système financier bien développé et bien réglementé. 
Photo: iStock Moody's accorde une bonne note au Canada pour la transparence de sa politique monétaire et pour son système financier bien développé et bien réglementé. 

Moody’s maintient le triple A et la perspective stable du Canada. Cela n’empêche pas l’agence de notation de surveiller du coin de l’oeil la progression de l’endettement des ménages lié à la hausse des prix de l’immobilier.

Dans son évaluation rendue publique vendredi, Moody’s salue la résilience de l’économie canadienne. « La note Aaa avec perspective stable reflète la largeur et la diversification de l’économie canadienne. » Aussi, le niveau élevé de sa richesse et la tendance acceptable des finances du gouvernement fédéral s’inscrivent en appui à la notation la plus élevée consentie à une économie. L’agence new-yorkaise met en exergue cette diversification de l’économie canadienne qui, à l’instar d’autres économies riches, lui permet d’absorber les chocs, tels celui de la crise de 2008 et, plus récemment, le choc pétrolier.

Endettement record

Il pourrait en être tout autre, cependant, si l’endettement record des ménages canadiens, propulsé par la hausse des prix de l’immobilier, entrait en zone de fortes turbulences. Moody’s parle d’une menace pour la croissance de l’économie, mais selon son évaluation, la probabilité d’un effondrement du marché immobilier similaire à celui observé aux États-Unis demeure faible. La dette des ménages canadiens dépasse légèrement 100 % du PIB et 160 % du revenu disponible. En contrepartie, cette dette reposant largement sur l’emprunt hypothécaire, l’avoir net des ménages atteignait 836 % du revenu disponible au milieu de 2016.

Cet endettement limite cependant le pouvoir de dépenser des ménages. Outre l’effet sur les dépenses de consommation, « une contraction importante du marché résidentiel ne serait pas sans affecter le bilan du gouvernement », la moitié des prêts résidentiels recevant la garantie du gouvernement. Le cas échéant et selon l’intensité, l’augmentation de l’endettement du gouvernement découlant d’un choc immobilier atteindrait grosso modo 5 % du PIB, ce qui n’altère en rien son profil de risque, estime Moody’s.

Compétitivité

Dans son analyse, l’agence accorde une bonne note au Canada pour la transparence de sa politique monétaire et pour son système financier bien développé et bien réglementé. Elle rappelle qu’avec un PIB de 1600 milliards en 2015, le Canada est la troisième plus grande économie à remporter un triple A, après les États-Unis et l’Allemagne. Le Canada se classe également au 15e rang sur 138 pays dans l’indice global de compétitivité du Forum économique mondial, ce qui contribue à son pouvoir d’attraction auprès des entreprises en matière d’investissements et de création d’emplois.

L’exercice couvre quatre grands segments : la vigueur économique, qui obtient le qualificatif de très élevée, la vigueur de ses institutions, également très élevée, la santé fiscale (élevée) et son exposition aux facteurs de risque (très faible).

Endettement

Si le fardeau de la dette du gouvernement canadien est plus élevé que celui de ses pairs qui obtiennent un triple A, le niveau d’endettement reste modéré. Le ratio d’endettement par rapport au PIB se situait, dans son ensemble, à 78,3 % à la fin de 2015, soit plus de deux fois le ratio médian de 38,1 % des autres économies triple A. Mais en excluant le passif des autres instances gouvernementales, le ratio de la dette du gouvernement central revient à 34,5 %.

Malgré son retour aux déficits afin de stimuler la relance économique, Moody’s prévoit que le ratio d’endettement du gouvernement fédéral retrouvera sa tendance baissière autour de 2018-2019.