Les producteurs de lait comptent sur Couillard pour influencer Ottawa

Le gouvernement fédéral offre 350 millions à l’industrie laitière du Canada pour compenser l’arrivée probable de 17 700 tonnes de fromages européens par année à partir de 2017.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le gouvernement fédéral offre 350 millions à l’industrie laitière du Canada pour compenser l’arrivée probable de 17 700 tonnes de fromages européens par année à partir de 2017.

Les producteurs de lait du Québec sont encouragés par les propos du premier ministre Philippe Couillard, qui veut qu’Ottawa bonifie son programme d’indemnisation pour compenser les impacts de l’accord de libre-échange avec l’Union européenne, mais ils se demandent jusqu’où ira le gouvernement pour défendre leur cause.

« S’il le veut vraiment, M. Couillard a la capacité d’aller nous chercher de meilleures compensations », a affirmé le président des Producteurs de lait du Québec, Bruno Letendre, en marge d’une assemblée générale spéciale.

Jeudi, le premier ministre Couillard a laissé entendre que la part dévolue au Québec des 350 millions de dollars prévus par Ottawa ne suffit pas. Il estime que le programme d’indemnisation annoncé par Ottawa est injuste, puisqu’il prévoit un financement égal pour chaque province alors que le Québec produit une plus grande part de fromages fins au pays.

« Avoir une distribution qui soit égale entre les provinces ne semble pas refléter la réalité et ne semble pas tout à fait juste pour nos producteurs », a-t-il déclaré dans une mêlée de presse en marge de la Conférence des Nations unies (ONU) pour les changements climatiques, à Marrakech, au Maroc, où il est en mission.

Le ministre québécois de l’Agriculture, Pierre Paradis, qui a déclaré vendredi dernier que l’enveloppe offerte par Ottawa ne correspond « absolument pas » à ses attentes, devait rencontrer jeudi son homologue fédéral, Lawrence MacAulay.

Aide insuffisante

Le gouvernement fédéral a annoncé la semaine dernière qu’il offrira 350 millions à l’industrie laitière du Canada pour compenser l’arrivée probable de 17 700 tonnes de fromages européens par année à partir de 2017, avec l’entrée en vigueur provisoire de l’Accord économique et commercial global (AECG). Le programme comprend 250 millions sur cinq ans pour les producteurs et 100 millions sur quatre ans pour les transformateurs.

« Qui a dit que 250 millions, c’est suffisant et que ça couvre les pertes ? On ne le sait pas », s’insurge M. Letendre, qui croit que les compensations devraient plutôt se situer entre 750 millions et un milliard de dollars.

Le ministre MacAuley a fait savoir que les modalités du programme de compensation seront déterminées à la suite d’une nouvelle période de consultations. « Le gouvernement libéral, c’est un gouvernement de consultations. Il ne fait que ça », soupire M. Letendre.

Les producteurs de lait sont déçus de voir qu’Ottawa n’a pas profité de l’annonce sur les compensations pour intervenir dans le dossier du lait diafiltré, cet ingrédient qui échappe aux tarifs douaniers lorsqu’il est importé au Canada, ce qui crée une brèche dans le système de gestion de l’offre.

Ils craignent par ailleurs qu’une renégociation de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA), promise par Donald Trump en campagne électorale, mette à mal l’industrie laitière.

1 commentaire
  • François Dugal - Inscrit 18 novembre 2016 07 h 56

    Oremus

    Commençons une neuvaine a St-Jude, patron des causes désespérées, afin que notre premier ministre délégue monsieur le ministre Fournier, l'infatigable "raftman" du temps jadis, pour qu'il remonte, dans son beau canot d'écorce, la rivière des Outaouais afin de nous défendre à Bytown : oremus, prions, let us pray.