Audet affirme que tout n'est pas perdu après l'échec de Gaspésia

Québec — Après la fermeture de Gaspésia, tout n'est pas perdu pour la région. L'approvisionnement en bois réservé à l'usine de papier servira à d'autres projets en Gaspésie.

C'est ce qu'a indiqué hier le ministre du Développement économique et régional, Michel Audet, au cours d'un point de presse. «Il faut savoir que cet approvisionnement en bois, il va être réparti à d'autres fins dans la Gaspésie. Il ne faut pas imaginer que c'est une perte nette», a-t-il fait valoir.

M. Audet a souligné, avec son collègue le ministre délégué à la Forêt, à la Faune et aux Parcs, Pierre Corbeil, qu'«il y aurait d'autres projets qui vont être développés».

De fait, Pierre Corbeil a demandé mercredi à ses fonctionnaires de lui fournir un inventaire des demandes de volume additionnel de bois dans la région. «On veut voir comment on pourrait l'utiliser de façon optimale pour atténuer ou même compenser complètement les pertes d'emplois», a livré le ministre au Devoir. Il attend ce rapport lundi. Certains projets sont sur la planche à dessin, comme le projet d'usine de panneaux Gaspa, a-t-il mentionné.

Gaspésia, qui devait employer 250 personnes, disposait d'un volume de bois de 360 000 mètres cubes dont 250 000 ont été redistribués à huit scieries de la région. Une fois modernisée, l'usine n'aurait plus transformé du bois rond comme dans le passé mais seulement des copeaux de bois.

«Avant de jeter l'éponge, il faut être sûr qu'il n'y a pas un repreneur» de l'usine Gaspésia, a toutefois précisé M. Audet. C'est la Société de financement du Québec (SGF) qui est chargée de faire le démarchage; le ministre ne s'en mêlera pas, a-t-il dit.

Prolonger la protection

Plutôt que d'entamer la procédure de liquidation tel qu'il a été annoncé mercredi, les trois actionnaires — le Fonds de solidarité des travailleurs du Québec (FTQ), la SGF et Tembec — vont demander à la cour aujourd'hui de prolonger d'environ un mois le délai de protection des créanciers, a-t-on appris hier.

L'opposition officielle souhaiterait que le ministre Audet s'engage personnellement dans la recherche d'un nouveau partenaire industriel pour la Gaspésia. «Il faut qu'il prenne le leadership du dossier et essaie de contacter un opérateur», a soutenu le député de Rousseau et porte-parole en matière d'économie et finances, François Legault.

Il est possible que le gouvernement en vienne à la conclusion qu'il ne faut pas s'engager plus avant dans le projet de relance de l'usine Gaspésia, a convenu M. Legault. «Mais il faut tout essayer parce que la Gaspésie est dans une situation tellement difficile qu'on ne peut ménager aucun scénario.»

«Le nouveau gouvernement libéral ne semble pas tenir compte des retombées économiques en examinant seulement la rentabilité comme s'il était une société de capital de risque privé», a soutenu M. Legault.