Ford veut toujours délocaliser la fabrication de ses petites voitures au Mexique

Mark Fields, président de Ford
Photo: Frederic J. Brown Mark Fields, président de Ford

Los Angeles — Ford compte toujours délocaliser la production de ses petites voitures au Mexique malgré l’élection de Donald Trump, qui avait dénoncé ce projet et parlé d’imposer de fortes taxes à l’importation aux voitures fabriquées hors des États-Unis.

« Notre plan reste d’emmener notre [voiture citadine] Focus vers le Mexique pour faire de la place à deux projets excitants dans notre centre du Michigan », où se trouve le siège du groupe, dans le nord des États-Unis, a affirmé le patron de Ford, Mark Fields, à un groupe de journalistes mardi à l’ouverture du salon Automobility de Los Angeles.

Interrogé sur le spectre de taxes à l’importation de 35 % pour les voitures produites au Mexique puis importées aux États-Unis, comme l’a évoqué le candidat républicain durant sa campagne, M. Fields a répliqué qu’elles « seraient imposées à l’ensemble du secteur automobile et cela aurait un fort impact sur l’économie américaine. Je continue à croire que les bonnes politiques seront adoptées car nous avons tous en tête le même but, une économie américaine saine et vibrante ».

Interrogé par l’AFP sur les possibles conséquences de la renégociation ou révocation d’accords commerciaux existants comme l’ALENA avec le Mexique et le Canada, il a réaffirmé que le numéro deux américain de l’automobile était partisan « du libre-échange et d’un [commerce international] équitable ». Il faisait ainsi écho aux propos tenus par Harald Krüger, patron de BMW, dans la foulée de l’élection du magnat de l’immobilier.

M. Fields a conclu que son groupe se réjouissait « à l’idée de travailler avec le nouveau gouvernement et le nouveau Congrès » et que Ford continue à militer en faveur de réglementations « contre les manipulations de changes, pour des règles sur les économies de carburant en ligne avec les réalités du marché, pour une réforme fiscale et pour l’adoption en sécurité des voitures autonomes ».

Cheval de bataille

Chantre d’un patriotisme économique avec son slogan « Made in USA », M. Trump avait fait de la critique des groupes américains délocalisant leur production à l’étranger un de ses principaux arguments de campagne. Le géant de l’informatique Apple a été l’une de ses principales cibles.

Ford avait dévoilé début avril un investissement de 1,6 milliard dans un nouveau site au Mexique, où la main-d’oeuvre est très bon marché. Ce site sera opérationnel en 2018. Au-delà de Ford, la délocalisation d’usines par les constructeurs américains, malgré des ventes records, est fustigée par des élus, parce que General Motors et Chrysler — pas Ford — avaient été sauvés de la faillite en 2009 avec des fonds publics.

Le secteur auto craint les mesures protectionnistes promises par Trump. Le président de la fédération automobile allemande, Matthias Wissmann, a récemment rappelé que des barrières commerciales nuiraient autant aux États-Unis qu’à leurs partenaires commerciaux.

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