350 millions à l’industrie laitière

<p>Une première enveloppe de 250 millions sur cinq ans aidera les fermes laitières à se moderniser alors qu’une autre, de 100 millions sur quatre ans, porte sur la transformation des produits laitiers.</p>
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir

Une première enveloppe de 250 millions sur cinq ans aidera les fermes laitières à se moderniser alors qu’une autre, de 100 millions sur quatre ans, porte sur la transformation des produits laitiers.

Le gouvernement Trudeau offre aux producteurs laitiers 350 millions pour affronter l’arrivée de milliers de tonnes de fromages européens supplémentaires, mais ils estiment déjà que la somme est insuffisante pour couvrir la perte de revenus.

Ottawa, qui reconnaît l’impact éventuel de l’Accord économique et commercial global avec l’Europe (AECG), s’est engagé à ouvrir :

une enveloppede 250 millions sur cinq ans, pour aider les fermes laitières à se moderniser et à augmenter la productivité ;

une autre enveloppe de 100 millions sur quatre ans, pour stimuler la capacité des transformateurs et diversifier les gammes de produits.

L’Accord économique et commercial global avec l’Europe (AECG), signé officiellement il y a deux semaines à Bruxelles, prévoit que les producteurs européens pourront envoyer dans le marché canadien 17 700 tonnes de fromage supplémentaires par année, dont 16 000 tonnes de fromage fin. Son entrée en vigueur pourrait avoir lieu en 2017, après la bénédiction du Parlement européen.

Le secteur canadien craint que l’arrivée de ces fromages européens — qui représenteraient 4 % du marché canadien actuel, selon Ottawa — n’entraîne des pertes de revenus substantielles pour les producteurs laitiers. Le gouvernement présente son aide comme une façon de compenser le ralentissement de la croissance de leurs ventes.

Selon la ministre du Commerce international, Chrystia Freeland, les producteurs et transformateurs pourront « devenir plus compétitifs sur les marchés canadiens et internationaux » et ils auront l’occasion de « tirer parti des nouveaux débouchés commerciaux créés par l’AECG et les autres accords de libre-échange ».

Débouchés supplémentaires

Face à ce marché d’un demi-milliard de personnes, qui constitue déjà le deuxième partenaire commercial du Canada, le gouvernement Trudeau entrevoit des débouchés pour des produits comme le porc, le boeuf, le sirop d’érable et divers produits transformés. De manière générale, les deux signataires croient que l’entente fera augmenter de 20 % leurs échanges commerciaux.

L’appui financier dévoilé jeudi « favorisera la croissance continue du secteur », mais il « n’atténue que partiellement les dommages qui seront causés » par l’accord de libre-échange, ont affirmé les Producteurs laitiers du Canada (PLC). L’impact, selon eux, se traduira par des pertes de revenus de 116 millions par année.

« L’AECG entraînera l’expropriation de jusqu’à 2 % de la production laitière canadienne. […] C’est l’équivalent de la production laitière annuelle totale de la Nouvelle-Écosse », a déclaré le président des PLC, Wally Smith.

De son côté, le président des Producteurs de lait du Québec, Bruno Letendre, a ajouté que « plusieurs de nos autres dossiers restent en suspens ». Le dossier des importations de lait diafiltré fait partie de ceux-ci. Les Producteurs de lait du Québec représentent environ 5600 fermes.

Transformateurs

Outre les producteurs laitiers, il y a aussi les transformateurs, parmi lesquels figurent tant les petits que les grands, comme Saputo, Danone, Kraft, Parmalat et Agropur. L’enveloppe de 100 millions est « une première étape importante », a indiqué l’Association des transformateurs laitiers du Canada. Celle-ci estime que l’impact de l’AECG entraînera une perte de revenus de 230 millions et la perte de 2900 emplois dans l’ensemble de l’économie canadienne.

Le gouvernement fédéral n’a pas encore révélé les modalités de son aide financière au secteur, ce qui sera « déterminé de façon définitive au terme de discussions avec le secteur ».

1 commentaire
  • Gilles Théberge - Abonné 11 novembre 2016 14 h 23

    Il faut attendre que l'accord soit approuvé par toutes les instances ce qui n'est pas fait encore.