Montréal est épargnée par la surchauffe immobilière

Dans leur étude économique couvrant la région administrative de Montréal, les analystes du Mouvement Desjardins retiennent un scénario éloignant toute surchauffe immobilière.
Photo: Olivier Zuida Le Devoir Dans leur étude économique couvrant la région administrative de Montréal, les analystes du Mouvement Desjardins retiennent un scénario éloignant toute surchauffe immobilière.

La surchauffe immobilière observée à Toronto et à Vancouver ne devrait pas s’étendre à Montréal. La surévaluation des propriétés va persister, mais le marché de l’habitation dans le Grand Montréal va continuer d’évoluer dans sa zone d’équilibre.

Dans leur étude économique couvrant la région administrative de Montréal, les analystes du Mouvement Desjardins retiennent un scénario éloignant toute surchauffe immobilière. Déjà, en octobre, lorsqu’elle a sonné l’alarme d’une extension à d’autres grandes villes des déséquilibres mesurés à Toronto et à Vancouver, la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL) disait également ne pas s’inquiéter pour Montréal, en dépit d’un marché surévalué. Desjardins abonde en ce sens, estimant que le marché de l’habitation du Grand Montréal évolue en zone d’équilibre depuis quelques mois.

Au chapitre de la construction neuve, la correction est venue en 2015, le marché montréalais affichant sa plus forte baisse depuis 2002. L’ajustement a toutefois été ressenti à Montréal même, avec un recul des mises en chantier de 30,8 % entre 2014 et 2015 (contre 2,3 % pour l’ensemble québécois), sous le coup d’un rajustement dans le segment des copropriétés. Il y a eu stabilité des mises en chantier à l’échelle de la région métropolitaine de recensement (RMR).

Petite hausse prévue

Pour 2016, Desjardins s’attend à une petite hausse des mises en chantier à Montréal, à un statu quo au niveau de la RMR, puis à un léger recul en 2017, faisant en cela écho aux prévisions québécoises. Ce scénario diverge quelque peu de celui de la SCHL qui, mardi, prévoyait que « l’année 2016 se soldera par un nombre inférieur de mises en chantier en regard de celui de 2015, principalement en raison du ralentissement dans la construction de copropriétés ».

Selon l’agence, neuf marchés affichent présentement un problème de surévaluation modérée (dont Montréal, Regina et Edmonton) ou élevée (soit Vancouver, Toronto, Hamilton et Québec). Les autres paramètres du marché de Montréal ne posent toutefois pas problème : faibles signes de construction excessive, de croissance des prix et de surchauffe, pouvait-on lire le 28 octobre. Il reste que le prix de vente moyen devrait poursuivre sa progression avec une poussée de 3,4 % cette année, pour croître sous 1 % en 2017, selon l’institution coopérative.

S’ajoutant au jeu du rééquilibrage, le taux d’inoccupation des logements locatifs à Montréal devrait augmenter à 4,5 % cette année et à 4,7 % en 2017. Il avait atteint 4,1 % en 2015, touchant alors un sommet en 13 ans. Sur le marché de la revente, la vigueur reste de mise avec, déjà, une augmentation de 4,4 % des transactions au premier semestre. La hausse des transactions devrait être de l’ordre de 4,2 % sur l’ensemble de 2016, pour reculer de 6 % l’an prochain.

Dans leur survol de l’économie montréalaise, les économistes du Mouvement Desjardins font un clin d’oeil au marché des espaces de bureaux pour conclure que le marché demeurera favorable aux locataires. Dans ce segment, « l’abondante construction des dernières années de nouveaux édifices, le réaménagement d’immeubles industriels en espaces de bureaux et l’occupation plus efficace des locaux, entre autres, ont eu un impact significatif à la hausse sur le taux d’inoccupation dans le Grand Montréal, lequel a atteint 12,6 % en 2015 (7,9 % en 2007). Ce dernier est appelé à demeurer en augmentation puisque l’offre d’espaces de bureaux devrait continuer à croître relativement plus rapidement que la demande », peut-on lire dans l’étude de 18 pages.