Le conseil financier est payant

Les conseillers craignent la confusion autour du modèle de rémunération, les comptes à commission étant plus susceptibles d’être davantage sensibles à la relation rémunération-rendement que ceux à honoraires.
Photo: Erik Snyder / Getty Images Les conseillers craignent la confusion autour du modèle de rémunération, les comptes à commission étant plus susceptibles d’être davantage sensibles à la relation rémunération-rendement que ceux à honoraires.

Dans cette réflexion actuelle autour du rôle-conseil en matière d’investissement et des frais associés, une autre étude vient mesurer l’apport des conseillers financiers. Selon CIRANO, la valeur ajoutée peut osciller entre 2,7 et 3,9 fois selon la conjoncture boursière.

L’industrie des services financiers vibre désormais au rythme du Modèle de relation client-conseiller, pleinement en vigueur depuis le 15 juillet. Le MRCC2 a pour objectif de présenter une information détaillée, dans un langage clair, relative aux coûts, à la rémunération des intermédiaires et au rendement du fonds d’investissement. Les conseillers craignent la confusion autour du modèle de rémunération, les comptes à commission étant plus susceptibles d’être davantage sensibles à la relation rémunération rendement que ceux à honoraires.

Le groupe de recherche-marketing J. D. Power, disait en août dernier que « les investisseurs ont à leur disposition certaines des alternatives les plus récentes, plus intéressantes et plus abordables […] En outre, avec la mise en application des exigences de divulgation des coûts des conseils […] de nombreux investisseurs pourront, pour la première fois, savoir exactement ce pour quoi ils ont payé. Les conseillers qui n’apportent pas de valeur ajoutée à leurs clients au-delà de la répartition des actifs pourront avoir de véritables ennuis. »

Confirmation

Dans leur étude 2016 publiée lundi par l’Institut des fonds d’investissement du Canada (IFIC), les auteurs Claude Montmarquette et Nathalie Viennot-Briot, du CIRANO, « reconfirment la valeur positive associée au conseil financier ». Cette conclusion apparaissait dans une étude précédente réalisée en 2012. Les auteurs retenaient l’influence du conseiller financier sur la discipline et sur la hausse de l’épargne des ménages, et concluaient à un accroissement de la valeur de l’actif sous l’action du rôle conseil.

La plus récente étude, de quelque 46 pages, repose sur des données de 2014 et la version originale, sur des informations de 2010. On y apporte la distinction entre les ménages choisissant leur conseiller et ceux ayant été approchés par le conseiller, pour éviter une distorsion élitiste. « Ceux qui parmi les participants aux sondages avaient délaissé la fonction conseil entre 2010-2014 ont perdu un pourcentage important de la valeur de leur actif alors que les autres ont vu leur actif croître. »

Ce lien de causalité s’appelle l’incidence gamma. Elle induit une discipline financière et favorise un accroissement du taux d’épargne. Elle fait appel à une allocation d’actif plus optimale et aux stratégies visant à réduire l’impact fiscal, résume-t-on.

Dans son communiqué présentant les travaux du CIRANO, l’IFIC retient qu’« après un ajustement pour tenir compte de près de 50 écarts socio-économiques et écarts d’attitudes, les ménages ayant un représentant depuis au moins 15 ans ont accumulé 290 % plus d’actif selon l’étude de 2016, comparativement à 173 % dans l’étude de 2012. »

Dans le premier cas, les ménages faisant appel à un conseiller financier affichaient 3,9 fois plus d’actif qu’un ménage équivalent non conseillé, contre 2,73 fois en 2010. Les auteurs expliquent, certes, l’évolution de ce différentiel entre les deux études en partie par le raffinement de leur technique analytique et par les marchés des capitaux plus favorables au cours de la deuxième période d’étude.

Néanmoins, il y a écart. « Le CIRANO est d’avis que la discipline qu’impose un représentant en services financiers sur le comportement des ménages en matière de finances et l’augmentation de l’épargne des ménages profitant de conseils sont la clé de l’amélioration de la valeur des actifs par rapport à ceux des ménages n’ayant pas de représentant. »