Les candidats antisystème déstabilisent les investisseurs

Le candidat républicain Donald Trump faisait notamment campagne en Caroline du Nord jeudi.
Photo: Chuck Burton Associated Press Le candidat républicain Donald Trump faisait notamment campagne en Caroline du Nord jeudi.

La montée du populisme et de la contestation au sein des systèmes politiques américain et européens affecte grandement les investisseurs, qui ont du mal à s’adapter à cette nouvelle réalité, constate une nouvelle analyse de la firme Unigestion.

À quelques jours de l’élection présidentielle américaine, le 8 novembre, les marchés boursiers ont vivement réagi en voyant le candidat républicain, Donald Trump, se rapprocher de sa rivale démocrate dans les sondages. Depuis la clôture des marchés lundi, l’indice Dow Jones a perdu 211,75 points (-1,2 %), tandis que le Nasdaq a reculé de 130,72 points (-2,5 %). Les investisseurs ont la frousse, ont résumé les observateurs.

Voilà l’exemple le plus flagrant de ce que deux experts d’Unigestion qualifient de « risque politique » dans leur plus récente publication. « Le nombre sans cesse croissant d’électeurs optant pour des partis d’opposition radicaux qui contestent les bienfaits de la mondialisation, du capitalisme, du libre-échange, de l’immigration et du multiculturalisme représente un risque pour les investisseurs », écrivent Jérémy Gatto et Florian Ielpo.

De part et d’autre de l’Atlantique, ce risque politique est le résultat d’un ras-le-bol de la population, qui dénonce surtout les inégalités économiques et les effets de la mondialisation. « Les gouvernements sont désormais de plus en plus considérés comme ayant perdu le contrôle de leur économie respective, et cette idée pourrait bien faire des ravages au cours des élections à venir », notent les auteurs.

La résonance des candidats antisystème est devenue tellement importante, ajoutent-ils, « que les partis traditionnels ne peuvent plus se permettre d’ignorer leurs revendications comme ils l’ont fait jusqu’à présent ». Pendant ce temps, « les marchés montrent peu de signes indiquant qu’ils ont intégré [ce risque] dans leurs cours ».

Gains à prévoir

Les investisseurs ont constaté les impacts du risque politique de manière concrète, dans la foulée du vote en faveur du Brexit, mais ce n’est pas terminé : les événements prévus au cours des 12 prochains mois sur la scène politique mondiale devraient les inciter à garder l’oeil ouvert, font remarquer MM. Gatto et Ielpo.

Des partis d’extrême droite ou anti-immigration pourraient en effet enregistrer d’importants gains lors des élections prévues en Autriche, aux Pays-Bas, en France et en Allemagne.

En ce qui concerne la présidentielle américaine, les deux analystes font cependant preuve d’un certain optimisme. « Si Trump devient le prochain président des États-Unis, le 8 novembre, cela ne devrait pas, à notre avis, représenter un risque politique, géopolitique ou économique aussi important que ce qui est communément admis, font-ils valoir. Même si le président Trump demeurait initialement aussi extravagant, provocateur et irréaliste que le candidat Trump, les pouvoirs étendus du Congrès limiteraient ses pouvoirs. »

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