Air France-KLM veut contrer les concurrents du Golfe

Le nouveau p.-d.g. d’Air France-KLM, Jean-Marc Janaillac a présenté jeudi son plan « Trust Together ». En arrière-plan, le directeur général d’Air France, Franck Terner.
Photo: Éric Piermont Agence France-Presse Le nouveau p.-d.g. d’Air France-KLM, Jean-Marc Janaillac a présenté jeudi son plan « Trust Together ». En arrière-plan, le directeur général d’Air France, Franck Terner.

Paris — Le groupe Air France-KLM a annoncé jeudi la création d’une nouvelle compagnie face à l’« hyperconcurrence » des transporteurs du Golfe, dans le cadre d’un plan de reconquête pour « redevenir un leader du secteur aérien mondial ».

Cette nouvelle compagnie, qui devrait démarrer à l’hiver 2017 sur le moyen-courrier et à l’été 2018 sur le long-courrier, vise à exploiter des vols à moindres coûts. Mais ce ne sera pas un transporteur au rabais, assure le groupe. Cette filiale d’Air France « constituera la réponse du groupe aux compagnies du Golfe qui se développent à bas coûts sur des marchés clés » comme l’Asie du Sud-Est, « où Air France-KLM souhaite continuer à croître » mais où ses lignes sont déficitaires ou ont été fermées faute de rentabilité, explique le transporteur dans un communiqué.

La compagnie, dont le nom n’a pas encore été dévoilé, comptera 10 avions long-courriers d’ici 2020 et se positionnera sur des destinations business et loisirs, avec des normes comparables à celles d’Air France en matière de qualité. La filiale fera affaire « avec des pilotes d’Air France sur la base du volontariat » tandis qu’« une filière spécifique » sera créée pour le personnel navigant commercial « afin d’exploiter cette nouvelle compagnie au niveau de coûts du marché », précise Air France, plombée en 2016 par deux grèves des pilotes et des personnels de cabine qui lui ont coûté 130 millions d’euros.

Confiance

Le lancement d’une nouvelle compagnie fait partie d’un plan stratégique baptisé « Trust Together » (la confiance ensemble), présenté ce jeudi par le nouveau p.-d.g. d’Air France-KLM, Jean-Marc Janaillac, qui a pris la tête du groupe début juillet. Ce plan doit permettre au groupe, marqué par les conflits sociaux chez Air France et confronté à une concurrence de plus en plus vive des low cost et des compagnies du Golfe, de « redevenir leader sur nos marchés », selon Jean-Marc Janaillac, cité dans le communiqué.

Le groupe compte également poursuivre son « lobbying au niveau européen pour une concurrence équitable avec les compagnies du Golfe et low cost et, au niveau français, pour réduire l’écart de compétitivité structurel dû aux taxes et redevances plus élevées ».

130
millions d’euros. Perte associée aux deux grèves de pilotes et des personnels de cabine en 2016.