Un total de 168,3 milliards en 2003 - Bénéfice record pour les entreprises

Ottawa - Les bénéfices d'exploitation des entreprises ont totalisé 168,3 milliards en 2003, battant le record de 165,1 milliards affiché en 2000, révélait hier Statistique Canada.

Entraînés par les banques et autres «intermédiaires de dépôt», ainsi que par les producteurs de pétrole et de gaz, notait l'agence fédérale, 16 des 24 secteurs compilés ont affiché des gains. Les fabricants, par contre, ont eu «une année difficile», leurs bénéfices fléchissant de 9,2 % et annulant en partie les gains de 2002.

Les bénéfices d'exploitation ont bondi l'an dernier de 15,1 % comparé à ceux de 2002; cette année-là, ils n'avaient progressé que de 5,6 % en écart annuel. En écart trimestriel, le profit total montait de 3,3 % à 42,9 milliards au quatrième trimestre, une hausse pareille à celle du troisième trimestre. De plus, les bénéfices ont crû dans sept des huit derniers trimestres, après avoir reculé quatre fois en autant de trimestres en 2001.

Par secteur

Au quatrième trimestre 2003, les branches «non financières» ont vu les bénéfices croître de 2,5 %, grâce aux transports et aux mines surtout, alors que la poussée des profits des banques a contribué à une croissance de 5,5 % du secteur financier.

Quant à l'année en entier chez les banques, elle a été «excellente», avec des bénéfices qui ont sauté de 58,1 % à 18,7 milliards; ces sociétés financières ont dû inscrire beaucoup moins de provisions pour pertes sur prêts et leurs revenus nets d'intérêts ont été meilleurs.

Du côté des assureurs, les profits ont atteint 7,2 milliards en 2003, versus 4,6 milliards en 2002. Les assureurs de biens et de risques divers «ont présenté les gains annuels les plus imposants», note l'agence, alors qu'ils ont eu moins d'ampleur dans les segments de l'assurance-vie et de la réassurance.

Dans le secteur de l'énergie, les cours haussiers du pétrole brut au début de 2003 ont gonflé les bénéfices d'exploitation «qui ont atteint un sommet sans précédent de 20,4 milliards en 2003», soit 61,2 % de mieux qu'en 2002. Les craintes au sujet de l'Irak et du Venezuela ont ainsi poussé les prix du brut à des sommets, puis ils se sont repliés aux trois derniers trimestres, «le marché s'adaptant à des conditions d'approvisionnement plus stables». Pour le brut extrait au Canada, même si le volume d'exportations a augmenté en 2003, «l'appréciation du dollar canadien a eu pour effet de réduire le produit des ventes exprimé en dollars américains».

Dans le secteur du bois et du papier, les bénéfices ont plongé de 37,5 % à 2,2 milliards en 2003, pour une troisième année de suite en diminution; les profits avaient culminé à 7,8 milliards en 2000. Les droits infligés par l'administration Bush pour l'entrée du bois d'oeuvre aux États-Unis et la forte ascension du huard, notamment, ont nui aux bénéfices à l'exportation. Néanmoins, au Canada, la demande de bois a été «vigoureuse» et la valeur des permis de bâtir a grimpé pour une huitième année de suite. Le prix moyen du bois d'oeuvre a quand même baissé en 2003, l'offre du produit demeurant abondante.