L’UE et le Canada exhortent la Belgique à sortir de l’impasse

Le ministre-président de la Région wallonne, Paul Magnette
Photo: Thierry Chevalier Agence France-Presse Le ministre-président de la Région wallonne, Paul Magnette

Si la Belgique ne peut pas convaincre le Parlement régional wallon de renoncer à son opposition à l’accord de libre-échange entre l’Union européenne (UE) et le Canada, les dirigeants européens envisagent d’annuler la cérémonie de signature du traité prévue cette semaine, indiquent des sources.

Deux officiels au courant des négociations ont affirmé que les dirigeants de l’UE envisageaient de discuter de la situation au téléphone avec le premier ministre canadien, Justin Trudeau. Ils lui parleraient par exemple de la possibilité d’annuler le sommet qui doit se dérouler jeudi si la Belgique ne peut pas promettre de trouver un accord avec le Parlement de la Région wallonne d’ici la date limite de ratification.

L’entente doit être approuvée par les 28 pays membres de l’UE. En Belgique, le gouvernement doit obtenir l’appui unanime des trois régions. La Région wallonne, dont la population est de 3,5 millions de personnes, a rejeté l’Accord économique et commercial global (AECG). Selon ses dirigeants, l’entente minera les normes gouvernementales en matière de travail, d’environnement et de consommation tout en permettant aux sociétés multinationales d’écraser les entreprises locales.

Au cours de la dernière semaine, la Belgique n’a pu respecter ses échéances à deux reprises. Le Canada s’est même brièvement retiré de la table des négociations, vendredi, avant d’y revenir le lendemain.

Il ne reste que fort peu de temps avant de ratifier l’accord. Si l’UE ne peut garantir qu’elle est prête à signer l’entente, il n’y a aucune raison pour maintenir la cérémonie de signature, a fait valoir un représentant de l’UE.

Plusieurs tentatives ont été menées au cours du week-end pour convaincre le ministre-président de la Région wallonne, Paul Magnette, d’accepter l’accord.

M. Magnette a toutefois indiqué qu’il existait encore « quelques difficultés » entre Européens. Selon lui, une meilleure entente sera probablement un modèle pour les futurs accords négociés par l’UE.

La ministre canadienne du Commerce international, Chrystia Freeland, s’est retirée de la table des négociations, reprochant aux Européens leur incapacité à pouvoir ratifier l’entente, vendredi. Elle est revenue le lendemain pour mener quelques discussions.

Les dirigeants de l’UE ont prévenu les Wallons qu’un échec de la ratification de l’AECG pourrait ruiner la crédibilité de l’ensemble du bloc à titre de partenaire commercial. Il nuirait aussi aux futures négociations entre l’UE et les États-Unis, le Japon ou ses autres alliés.

7 commentaires
  • Yves Côté - Abonné 23 octobre 2016 15 h 00

    Message à tous les Wallons et Belges.

    Message à tous les Wallons et Belges.
    "On nous remet un document décevant et parallèlement on nous adresse un ultimatum."...
    Vous goûtez maintenant en direct à la méthode canadienne qui a réussi à faire des Québécois une minorité en péril chez elle, sans que cela ne choque personne d'autres qu'eux-mêmes.
    Et encore, par l'efficacité machiavélique de la méthode, pas de tous les Québécois mais seulement de ceux qui aspirent à la liberté pour notre descendance collective d'être elle-même.
    Qui donc rêve encore tant du Canada, qu'il souhaiterait qu'il s'exporte chez eux ?
    Heureusement pour vous, vous n'êtes pas au prise comme nous le sommes avec non seulement un continent entier qui parle la langue de votre voisinage tel nous le sommes, mais aussi avec un pays qui vous tenant par une constitution, en profite pour vous faire sans cesse rétrécir en proportion...

    Vive les Wallons et la Wallonie debout !
    Et Vive le Québec libre !

    • Christian Montmarquette - Abonné 24 octobre 2016 17 h 08

      M. Côté,

      Est-ce que vous saviez que votre chef Jean-François Lisée appuie le libre-échange?

    • Nicole D. Sévigny - Abonnée 24 octobre 2016 20 h 40

      @ CM Bien sûr que nous savions...mais la devise du PQ n'est pas .."Crois ou meurs"...et chez vous?
      Le désir d'un pays...ne fait pas de nous des béni-oui-oui...et chez vous?

  • Nadia Alexan - Abonnée 23 octobre 2016 17 h 12

    Vive la Wallonie!!

    Vive la Wallonie! Le seul pays qui a le courage de servir les citoyens, au lieu de servir les intérêts des multinationales. Bravo! au ministre, Paul Magnette et honte à notre premier ministre, Justin Trudeau, qui a promis de faire les choses différemment, quand il a pris le pouvoir. Et voici, qu'il continue d'entendre les lobbyistes des grandes sociétés, contre le bien commun des citoyens.

  • Pierre Lalongé - Abonné 23 octobre 2016 20 h 30

    Déprimant!

    Si je comprends bien, tous les états sauf la Belgique ont décidé d'être à la solde des multinationales.
    Déprimant!

    • Robert Daignault - Abonné 23 octobre 2016 21 h 52

      c'est pire. Une province de Belgique s'adonne à avoir un droit de véto et elle l'utilise!

    • Nicole D. Sévigny - Abonnée 24 octobre 2016 20 h 44

      @ RD Votre commentaire tellement vrai et plein de bon sens ...si seulement nous en faisions autant.