Les coupes ne sont pas liées aux pourparlers, assure le ministre Bains

«Nous voulons trouver une solution et nous concentrer sur la croissance de l’entreprise», a déclaré le ministre Bains.
Photo: Fred Chartrand La Presse canadienne «Nous voulons trouver une solution et nous concentrer sur la croissance de l’entreprise», a déclaré le ministre Bains.

L’abolition de 7500 emplois chez Bombardier n’est pas liée aux discussions avec le gouvernement fédéral concernant la demande d’une aide financière d’un milliard, a affirmé vendredi le ministre de l’Industrie, Navdeep Bains.

Lors d’une conférence de presse tenue à Ottawa, le ministre Bains a dit qu’il s’est entretenu jeudi soir avec le président de Bombardier, Alain Bellemare. « Nous voulons trouver une solution et nous concentrer sur la croissance de l’entreprise », a-t-il dit en répétant que le gouvernement offrira bel et bien un appui, mais que l’inconnu porte sur la forme qu’il pourrait prendre.

Bombardier, qui a entamé l’an dernier un redressement sur cinq ans, au moment où des efforts considérables étaient déployés pour lancer la famille d’avions CSeries, souhaite améliorer sa rentabilité en diminuant ses coûts. Sur les 7500 emplois visés d’ici 2018, la société contrôlée par la famille Bombardier-Beaudoin compte en supprimer environ 2000 au Canada, dont 1500 au Québec.

Il s’agit d’un deuxième cycle de licenciements à grande échelle cette année. Au mois de février, le fabricant d’avions et de matériel roulant avait annoncé la disparition de 7000 postes d’ici 2017, soit 10 % de son effectif, dont 2400 au Québec seulement.

Plus de bénéfices

« Après avoir atténué les risques de l’entreprise l’an dernier, nos efforts sont maintenant axés sur notre capacité à dégager davantage de bénéfices et à générer des flux de trésorerie. Les actions annoncées aujourd’hui nous assureront d’avoir la bonne structure de coûts, les bons effectifs et la bonne structure organisationnelle », a dit M. Bellemare dans un communiqué.

Les licenciements sont prévus dans les services administratifs « et d’autres fonctions non liées à la production », a dit Bombardier, qui compte en même temps effectuer des embauches « stratégiques » pour certains programmes, comme le Global 7000 et la CSeries, assemblée à Mirabel. Les coupes vont générer des économies annuelles de 300 millions d’ici 24 mois, mais la restructuration entraînera d’abord une dépense de 225 à 275 millions, comptabilisée au quatrième trimestre de 2016 et au cours de l’année 2017.
 

 

Aide à l’aéronautique

À la Chambre des communes, où l’opposition a demandé au gouvernement Trudeau de dire ce qu’il entend faire, le ministre Bains a répondu en rappelant l’investissement de 54 millions accordé au secteur aéronautique le 11 octobre. Cette somme ira à un consortium de 15 sociétés et établissements d’enseignement, dirigé par Bombardier, afin de peaufiner des systèmes de pointe.

L’annonce de vendredi matin a semblé prendre de court l’Association internationale des machinistes et des travailleurs de l’aérospatiale (AIMTA). En entrevue avec La Presse canadienne, son président a dit qu’il n’arrive plus à comprendre l’évolution de l’effectif de l’entreprise.

L’action de Bombardier, qui a perdu près de 20 % depuis le début du mois de septembre, a reculé de 2 cents à 1,76 $, vendredi, à la Bourse de Toronto. La valeur boursière de l’entreprise se chiffre autour de quatre milliards.

Chez Bombardier, le dernier bénéfice net annuel remonte à 2013. Au dernier trimestre, la perte nette s’est chiffrée à 531 millions $US, par rapport à des revenus de 4,3 milliards $US. La société a émis des actions et sollicité un investissement d’un milliard $US du gouvernement du Québec, qui détient maintenant 49,5 % de la CSeries. De son côté, la Caisse de dépôt et placement a investi dans la division Bombardier Transport.

La dette à long terme de Bombardier atteint 9 milliards $US, mais sa direction affirme que les gestes posés lui ont permis de raffermir son encaisse. Au 30 juin 2016, l’argent comptant et les placements à court terme totalisaient 3,8 milliards $US.

Aux yeux de Benoit Poirier, analyste chez Valeurs mobilières Desjardins, le geste de vendredi « reflète la volonté de la direction de prendre les décisions difficiles afin de tourner la page, a-t-il estimé dans une note aux clients. Cependant, nous croyons que les investisseurs se poseront des questions sur le moment choisi pour faire l’annonce, compte tenu du fait que les résultats du troisième trimestre seront publiés le 10 novembre. »

1 commentaire
  • Yvon Beaudoin - Abonné 22 octobre 2016 08 h 25

    Ce serait si simple

    Ce serait si simple si la compagnie changeait son nom en De Havilland Industries, déménageait le gros de ces opérations à l'ouest de la rivière des Outaouais et avait un président qui s'appelait Alan Smith au lieu d'Alain Bellemare...au lieu d'être un boulet politique cela deviendrait comme par enchantement pour les libéraux fédéraux... politiquement payant...