La ministre Freeland annonce l’échec de l’AECG

Chrystia Freeland a quitté à grand regret l’Elysette, le siège du gouvernement wallon.
Photo: David Rowland La Presse canadienne/Associated Press Chrystia Freeland a quitté à grand regret l’Elysette, le siège du gouvernement wallon.

La Wallonie, petite région belge de 3,5 millions d’habitants, vient vraisemblablement de signer l’arrêt de mort d’un traité de libre-échange qui aurait touché quelque 500 millions d’Européens.

C’est ce qu’a indiqué vendredi la ministre du Commerce international, Chrystia Freeland, après avoir quitté à grand regret l’Elysette, le siège du gouvernement wallon.

« Le Canada est déçu et moi personnellement je suis déçue, mais je pense que c’est impossible, nous retournons à la maison. Au moins je pourrai revoir mes trois enfants demain à la maison », a-t-elle déclaré dans un communiqué transmis par son bureau.

La ministre s’est désolée « que l’Union européenne n’est pas capable d’atteindre un accord international, même avec un pays qui a des valeurs européennes comme le Canada, même avec un pays si gentil et avec beaucoup de patience comme que le Canada ».

La Wallonie persiste

Les pourparlers entourant l’Accord économique et commercial global (AECG) se heurtaient à l’opposition du Parlement de Wallonie, la région francophone de Belgique, qui a voté contre sa ratification.

Bien que la Belgique soit en faveur du traité de libre-échange, sa constitution stipule que l’accord doit aussi être approuvé par ses trois gouvernements régionaux — Flandre, Wallonie et Bruxelles-Capitale.

Avant de s’envoler pour l’Europe, cette semaine, la ministre Freeland avait plaidé que le gouvernement canadien avait fait tout en son pouvoir pour assurer la ratification de l’accord, et que la balle était dorénavant dans le camp de l’UE.

La semaine dernière, le premier ministre Justin Trudeau avait livré un plaidoyer en faveur de l’AECG, prévenant que son rejet lancerait un message « désolant » sur la direction que souhaite prendre le groupe des 28 et remettrait carrément en cause son « utilité ».

« C’est un moment pour l’Europe de décider à quoi ça sert, l’Union européenne », avait lancé le premier ministre du Canada en conférence de presse conjointe avec son homologue français Manuel Valls, qui avait lui aussi chanté les louanges de l’accord.

Selon Justin Trudeau, la signature de l’Accord économique et commercial global (AECG) représente un moment charnière « dans cette situation post-Brexit où il y a plein de questionnements sur l’utilité de l’Europe ».

2 commentaires
  • Marc Tremblay - Abonné 21 octobre 2016 20 h 30

    L'UE n'est pas le Canada, M. Trudeau

    Contrairement à Ottawa, le siège social du "gouvernement" européen ne peut imposer ses vues à tous les états. Er c'est tant mieux ainsi.

  • Jacques Patenaude - Abonné 21 octobre 2016 20 h 33

    " dans cette situation post-Brexit où il y a plein de questionnements sur l’utilité de l’Europe" selon Justin Trudeau.

    Il aurait peut-être a se demander plutôt si les accords actuels sont dans le meilleur intérêt de nos populations respectives. Les questions posée par la Wallonie touchent surtout la souveraineté des Etats faces au 1% en particulier. Je suis plutôt libre échangiste mais il faut que de telles ententes ne soient pas principalement a l'avantage des financiers, des banquiers et des multinationales. Si on nous présente un modèle de libre échange différent qui respecte les populations dans leur ensemble pas juste l’élite on verra. Notre bonne ministre Freeland devrait y penser tout en s'occupant de ses enfants.