Cinar: la cour donne son aval à la vente

La Cour supérieure du Québec a donné son aval à la vente de Cinar au groupe d'investisseurs réunissant Michael Hirsh, Toper Taylor et TD Capital Canadian Private Equity Partners. Le juge Joel A. Silcoff a fait connaître sa décision hier.

«C'est avec un très grand plaisir que nous assistons ainsi à la conclusion de l'une des dernières étapes importantes pour la clôture de cette transaction», a fait savoir par communiqué Robert Després, président du conseil d'administration de Cinar, en lieu et place des deux actionnaires majoritaires, Micheline Charest et Ronald Weinberg, qui avaient été contraints, par décision de la Commission des valeurs mobilières, de confier leurs responsabilités à un fiduciaire, tant dans l'entreprise elle-même qu'à son conseil d'administration.

On prévoit que la clôture aura lieu vers le 1er mars prochain. Tout ce qui reste à faire, assure-t-on, c'est la clôture elle-même, notamment le paiement et la passation des pouvoirs. Comme le précise M. Després, «une fois les formalités complétées, la transaction sera officiellement terminée et Cinar pourra aller de l'avant en tant que société à capital privée». Dorénavant, Cinar ne sera plus inscrite en Bourse et ses assemblées annuelles se feront privément. Et le couple Charest-Weinberg ne sera plus de la partie.

Causes pendantes

Il reste néanmoins un certain nombre de causes pendantes, devant les tribunaux ou non. Le dossier de Claude Robinson, qui fut à l'origine de cette invraisemblable et interminable saga et qui accusait Cinar de plagiat, n'est toujours pas réglé. Il semble aussi que la Gendarmerie royale du Canada est toujours en train de mener son enquête en vue d'établir s'il y aurait lieu d'intenter des poursuites criminelles contre les deux fondateurs de l'entreprise.

Même si le couple Charest-Weinberg avait choisi Robert Després comme fiduciaire (suivant la suggestion qui leur avait été faite par Marcel Aubut), les rapports entre le couple et le fiduciaire se sont vite détériorés. M. Després s'est montré tout à fait imperméable à toutes les pressions du couple qui, pour hâter la vente de l'entreprise, a voulu dans un premier temps le remplacer comme fiduciaire, ce à quoi la Commission des valeurs mobilières n'a pas acquiescé. Les fondateurs ont alors soumis le cas au tribunal, qui n'aura pas eu le temps de se prononcer sur cette requête, puisque le procédé de mise en vente était déjà largement engagé et que la transaction avec les acheteurs actuels fut convenue.

Les actionnaires de Cinar ont approuvé la transaction de 144 millions $US la semaine dernière, à raison de 3,60 $US l'action. Le vote fut favorable à 99,9 % des voix, dans le cas des détenteurs d'actions à droit de vote multiple, et à 99,7 %, dans le cas des actionnaires à droit de vote restreint.

Toutefois, même après ce vote, il y a eu un obstacle imprévu, alors que la firme ComputerShare n'avait pas reçu les 300 000 actions que le couple Charest-Weinberg devait déposer en fiducie pour garantir la rémunération et l'indemnisation de M. Després. Cela équivalait à un montant de 1,08 million $US, mais le couple voulait plutôt verser seulement l'équivalent de 288 000 $, même si la vente de leurs actions allait leur rapporter un montant évalué à plus de 18 millions. Vendredi dernier, ce problème a été réglé à la satisfaction de la cour.