Stornoway inaugure la première mine de diamant au Québec

Le directeur et chef de l’exploitation de Stornoway, Patrick Godin
Photo: François Pesant Le Devoir Le directeur et chef de l’exploitation de Stornoway, Patrick Godin

Aux portes de la production commerciale pour son projet diamantifère Renard, à la baie James, dans le Nord-du-Québec, Stornoway croit que sa mine peut être profitable avant la fin de 2017.

Inaugurée officiellement mercredi, la première mine de diamant à voir le jour au Québec devrait entrer dans la phase de la production commerciale d’ici le 31 décembre, affirme l’entreprise établie à Longueuil. « Nous allons terminer le développement et nous espérons atteindre la profitabilité en 2017 », explique le directeur et chef de l’exploitation de Stornoway, Patrick Godin, au cours d’un entretien téléphonique avec La Presse canadienne.

Située à 350 kilomètres au nord de Chibougamau, la construction du projet a débuté en juillet 2014 à la suite d’un financement de 946 millions. L’État québécois détient une participation d’environ 30 % dans le projet, alors que la Caisse de dépôt et placement du Québec possédait, en date du 31 décembre dernier, 44,7 millions d’actions de la société minière, soit environ 5,4 % de l’actionnariat.

Dans le cadre du Plan Nord, le gouvernement québécois a également largement contribué au financement du prolongement de la route 167 afin que la mine soit accessible tout au long de l’année. Cela a permis à Stornoway de devancer de cinq mois son échéancier en plus d’abaisser de 36 millions, à 775,4 millions, son budget. « Il n’y a que 2 % des projets miniers au cours des 15 dernières années, dans le monde, qui ont été en mesure de respecter les budgets et échéanciers », note M. Godin.

Photo: François Pesant Archives Le Devoir Le directeur et chef de l’exploitation de Stornoway, Patrick Godin

Le projet, qui comprend une mine à ciel ouvert et une souterraine, devrait se traduire par des revenus annuels oscillant entre 55 et 60 millions pour Québec, d’après Stornoway.

D’une durée de vie évaluée à 14 ans, la mine Renard, lorsqu’elle aura atteint sa vitesse de croisière, devrait produire annuellement 1,6 million de carats, soit environ 2 % de l’offre mondiale. Toutefois, le directeur et chef de l’exploitation de Stornoway n’écarte pas une augmentation de la production sur le site, qui compte actuellement 450 employés et jusqu’à 525 travailleurs en période de pointe. « Au moment où nous allons stabiliser les activités de la mine et obtenir de la constance en ce qui a trait à la production, nous pourrons évaluer la possibilité d’augmenter la productivité », avance-t-il, sans fournir d’échéancier précis à ce chapitre.

La quasi-totalité des revenus générés par Stornoway proviendra des diamants de joaillerie, associés aux produits de luxe comme les bijoux. Puisqu’il n’est négocié sur aucun marché, il est difficile d’obtenir un prix moyen. Toutefois, M. Godin dit avoir observé une baisse d’environ 15 à 20 % des prix depuis 2011. « L’offre et la demande devraient favoriser les producteurs en 2020, estime-t-il. Maintenant, le taux de change nous avantage, la baisse du dollar canadien nous procure un avantage, puisque nous vendons en dollars américains. »

Stornoway n’a aucune obligation d’effectuer la transformation des diamants extraits du sol québécois. Ils sont plutôt vendus à Anvers, en Belgique — un des principaux marchés de la planète — par l’entremise d’encans.

M. Godin affirme cependant que la société n’hésiterait pas à faire affaire avec un acheteur québécois, si quelqu’un se manifestait. « Polir des diamants demande beaucoup de crédit puisqu’il faut les acheter, explique-t-il. De plus, les marges sont assez faibles, puisqu’elles oscillent entre 2 et 3 %. Nous sommes un producteur et nous désirons obtenir le meilleur prix possible pour nos actionnaires, comme le gouvernement québécois et la Caisse. »

En parallèle, l’entreprise continue d’explorer sur trois autres sites, soit celui d’Adamantin, à une centaine de kilomètres du site de Renard, en Saskatchewan ainsi qu’au Nunavut.

M. Godin ne craint pas que Stornoway puisse maintenant faire l’objet d’une offre d’achat de la part d’un plus gros joueur du secteur minier, mais il ne peut pas écarter ce scénario avec certitude. « C’est l’un des risques d’être une compagnie publique et de se financier auprès des marchés. »

1 commentaire
  • Nicole D. Sévigny - Abonnée 20 octobre 2016 13 h 43

    Leur premier but...qu'ils appellent principes...c'est de

    maximiser la valeur pour les actionnaires...de Stornoway.

    J'aimerais savoir svp qui en sont les autres actionnaires...et je vous dirai si le Québec, les Québécois en retirent quoi que ce soit.

    Lorsqu'on dit que le Québec a une "participation" de 30% dans le projet...est-ce qu'il possède alors 30% de toutes les actions émises? Si vous voulez qu'on vous lise...renseignez-nous...Nous ne sommes pas tous des professionnels de la chose.

    Je comprends que la CDP possède, 5,4% des actions en circulation? et le reste?
    la Bourse de Toronto ? la Bourse de Montréal n'est plus dans le décor depuis 10 ans...pourquoi? Est-ce que ça aurait été plus profitable pour notre économie si
    elle l'était toujours.?

    Pourquoi journalistes ou économistes ne font pas inter-action avec les lecteurs
    sur des questions semblables...?