Assemblée annuelle des actionnaires - La BMO séparera le président du conseil de la direction

Toronto — La Banque de Montréal (BMO) prévoit séparer les rôles de président du conseil et de chef de la direction «dans un proche avenir», a annoncé hier Tony Comper, celui qui occupe les deux postes depuis 1999.

BMO devient ainsi la dernière des grandes banques canadiennes à procéder à ce changement afin d'assurer l'indépendance du conseil d'administration par rapport à la direction. «Un comité de sélection du conseil d'administration est en train d'examiner des candidatures parmi les administrateurs indépendants actuels et le conseil élira un président du conseil non membre de la haute direction dans un proche avenir», a affirmé M. Comper dans son discours à l'assemblée annuelle des actionnaires, à Toronto.

Le grand patron de BMO a expliqué que son institution profite du départ à la retraite de Blair MacAuley, l'an prochain, pour apporter ce changement à sa gouvernance. M. MacAuley est actuellement administrateur principal au sein du conseil, un poste créé il y a sept ans. L'administrateur principal assume entre autres le leadership lorsque les rôles conjoints de président du conseil et de chef de la direction présentent un risque de conflit.

M. Comper a souligné que BMO ne fait pas que suivre une mode provoquée par les scandales financiers des dernières années — qui ont entraîné un renforcement des mécanismes de surveillance des dirigeants d'entreprises. Il a affirmé que sa banque a été la première au Canada à créer un poste d'administrateur principal, en 1997.

«Il n'y a pas si longtemps, cela était perçu comme une des meilleures pratiques pour gérer les risques de conflits d'intérêts auxquels peut s'exposer un chef de la direction qui est aussi président du conseil», a dit M. Comper aux journalistes après son discours.

M. Comper a rappelé que BMO a récemment mis en oeuvre d'autres initiatives dans le domaine de la gouvernance d'entreprise. «Nous avons également établi de nouvelles normes d'indépendance pour les administrateurs et un code déontologique spécial pour le chef de la direction et le chef des finances, ainsi que de nouvelles lignes directrices encadrant la détention d'actions par les administrateurs.»

Il a aussi mentionné que le code de conduite de la banque mis en place en 1993 avait été récemment mis à jour pour «protéger les "dénonciateurs" contre d'éventuelles représailles». Un processus a d'ailleurs été mis en place au sein de la banque pour permettre «aux employés de signaler, en toute confidentialité et de façon anonyme, des irrégularités touchant la comptabilité, la vérification et les contrôles internes», a annoncé M. Comper.

Sur la question de la fusion des banques, Tony Comper a affirmé qu'il n'avait pas de prévision à faire, qu'il n'avait pas d'information privilégiée sur la façon dont le dossier évoluait.

Les résultats

Plus tôt dans la journée, la Banque de Montréal avait dévoilé ses résultats du premier trimestre. Elle est la première des grandes banques canadiennes à publier ses résultats de la période de novembre à janvier.

Elle a rapporté une hausse de son bénéfice net de 34 % au premier trimestre, grâce à une croissance de ses recettes de 4 %, une hausse de sa productivité et un allégement de ses provisions pour pertes sur prêts. Le bénéfice net est de 532 millions, ou 1 $ l'action, comparativement à 399 millions, ou 75 ¢ l'action, un an plus tôt. Les revenus de BMO ont crû de 84 millions, à 2,36 milliards, durant le trimestre terminé le 31 janvier dernier. Le rendement des capitaux propres était de 18,3 %. La banque a de plus annoncé une augmentation de son dividende trimestriel de 5 ¢, à 40 ¢, payable sur ses actions ordinaires.