Changement-surprise chez Rogers

Guy Laurence a été nommé à la tête de Rogers à la fin 2013 en grande pompe.
Photo: Chris Young La Presse canadienne Guy Laurence a été nommé à la tête de Rogers à la fin 2013 en grande pompe.

Rogers Communications a annoncé lundi, à la surprise générale, que son chef de la direction, Guy Laurence, quittait immédiatement son poste et qu’il serait remplacé par un ancien patron de son concurrent Telus, Joe Natale, à un moment encore inconnu.

Des analystes ont noté que M. Natale était lié par un contrat de non-concurrence avec Telus. Ils ont demandé pourquoi le changement de leadership était annoncé lundi et pourquoi le départ de M. Laurence était aussi soudain, sans période de transition. M. Horn a expliqué que le moment du changement s’expliquait par l’occasion d’embaucher M. Natale, « que nous croyons être un individu unique en ce qui a trait au paysage des télécommunications canadiennes ».

Ni M. Natale ni M. Laurence n’ont émis de commentaires. Aucun des deux ne pouvait être joint pour discuter de la situation.

M. Laurence, ancien grand patron de Vodafone UK, a été nommé à la tête de Rogers à la fin 2013 en grande pompe. Il devait redresser l’entreprise après une période de faible croissance.

Le départ de M. Laurence a été annoncé quelques minutes avant le dévoilement des plus récents résultats trimestriels de Rogers. Malgré les difficultés liées à l’échec du service de vidéo sur demande Shomi face à la concurrence de Netflix, le groupe de télécommunications a obtenu de bons résultats dans d’autres secteurs.

M. Horn a répété qu’aucun changement n’était prévu dans la stratégie entreprise par M. Laurence et qu’une solide équipe de direction était en place pour superviser les progrès.

Avec la LNH

Sous la gouverne de M. Laurence, Rogers a conclu un accord de 12 ans pour obtenir les droits de diffusion de la LNH. Cette relation n’a cependant pas obtenu autant de succès que prévu lors de la saison 2015-2016, qui s’est conclue sans qu’une seule équipe canadienne ne parvienne à se qualifier pour les séries éliminatoires.

Rogers a affiché un bénéfice net de 220 millions, soit 43 ¢ par action, pour le trimestre clos le 30 septembre. En comparaison, ce profit était de 464 millions, soit 90 ¢ par action, pour la même période un an plus tôt. La diminution du profit était largement attribuable à l’annonce de la fermeture du service Shomi. Le bénéfice ajusté s’est quant à lui établi à 83 ¢ par action. La radiation de Shomi explique à elle seule 140 millions du recul annuel du bénéfice net. Un autre 102 millions était attribuable à un gain non récurrent engrangé au troisième trimestre de 2015.