Les Canadiens auront accès à plus de bières

En multipliant ainsi sa taille par deux, Molson Coors croit qu’elle pourra réduire ses coûts administratifs et ses coûts d’ingrédients.
Photo: Leon Neal Agence France-Presse En multipliant ainsi sa taille par deux, Molson Coors croit qu’elle pourra réduire ses coûts administratifs et ses coûts d’ingrédients.

Molson Coors veut offrir aux Canadiens une plus grande sélection de bières importées maintenant qu’il a conclu son acquisition, pour 12 milliards $US, des marques Miller — une transaction qui fait de lui le troisième plus grand brasseur au monde.

Plusieurs marques populaires et artisanales en provenance des États-Unis et de l’Europe — dont Leinenkugel, Miller High Life, Sharp’s, Staropramen et Franciscan Well — pourraient se retrouver sur les tablettes canadiennes l’an prochain, a indiqué mardi le chef de la direction de Molson Coors, Mark Hunter. Entre-temps, les bières artisanales canadiennes comme Creemore et Granville Island pourraient être exportées sur les grands marchés américains. « Cela va potentiellement être une rue à double sens », a expliqué M. Hunter lors d’un entretien. « Nous faisons maintenant toute notre planification pour 2017 alors vous pouvez vous attendre à voir certaines d’entre elles dans notre portefeuille une fois que nous arriverons au printemps 2017, afin qu’elles soient là pour la période de pointe des ventes. »

La société établie à Montréal et à Denver, au Colorado, a acquis la participation de 58 % de SABMiller dans MillerCoors, une coentreprise américaine formée en 2008. Molson Coors a ainsi obtenu les droits internationaux sur les marques de Miller et des licences américaines libres de redevances pour les importations de SABMiller et ses marques licenciées, dont Peroni, Pilsner Urquell, Fosters et Redd’s.

Cette transaction a eu lieu dans la foulée de la prise de contrôle que la société mère de Labatt, Anheuser-Busch InBev, a effectué sur SABMiller pour 107 milliards $ US — ce qui lui confère désormais environ 31 % du marché mondial de la bière. Pour éviter d’être inquiétée par les autorités réglementaires, InBev a accepté de céder sa participation dans la coentreprise MillerCoors à Molson Coors.

En multipliant ainsi sa taille par deux, Molson Coors croit qu’elle pourra réduire ses coûts administratifs et ses coûts d’ingrédients, tandis que son nouveau réseau nord-américain, mieux intégré, devrait augmenter l’efficacité de sa chaîne d’approvisionnement. L’entreprise pourra notamment utiliser ses installations canadiennes pour brasser et vendre ses bières sur le marché américain, ce qui n’était pas possible en vertu des prévisions de la coentreprise MillerCoors. Tous les changements émergeront d’ici la fin 2017 ou le début 2018, a expliqué M. Hunter. Sa nouvelle installation en Colombie-Britannique devrait ouvrir d’ici la fin de 2018, et le brasseur est à quelques mois d’une annonce quant à son plan de modernisation pour Montréal.

La nouvelle taille de Molson Coors aidera aussi à contrebalancer les ventes stagnantes de bières en Amérique du Nord, tout en réduisant l’écart de ses marges d’exploitation par rapport à celles d’InBev, a souligné M. Hunter. Une analyste de l’industrie, Brittany Weissman, de la firme Edward Jones, croit que rien ne devrait empêcher le rétrécissement de cet écart. « S’ils peuvent réduire même une petite partie de cet écart, nous croyons que cela représenterait une solide croissance des résultats et nous estimons que plusieurs choses sont possibles pour simplifier la structure de cette entreprise », a-t-elle expliqué depuis St. Louis.

Même si Molson Coors doit se concentrer sur la réduction de sa dette dans les deux ou trois prochaines années, Mme Weissman s’attend à ce que la société hausse éventuellement son dividende et se remette à la recherche d’acquisitions.

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