Le PQ craint le désengagement de l'État

Québec — Le Parti québécois craint que le retrait prévu de l'Etat du capital de risque dans les entreprises nuise au développement économique des régions au lieu de le stimuler.

«On veut limiter l'intervention de la SGF et des Innovatech dans le développement économique, et c'est une erreur qui va avoir des conséquences graves pour les régions du Québec», prévoit le porte-parole en finances de l'opposition officielle, François Legault, alors que s'ouvre aujourd'hui à Québec, la commission parlementaire qui étudiera le rapport Brunet sur le rôle de l'État dans le capital de risque. Au total, 76 mémoires ont été soumis à la commission, qui siégera au cours des trois prochaines semaines.

Rendu public en décembre, le rapport du groupe de travail dirigé par Pierre Brunet recommandait de revoir le «modèle québécois» d'intervention de l'État dans l'économie, de manière à augmenter la contribution du secteur privé, et à diminuer d'autant celle de l'État.

Le groupe de travail suggérait notamment de ramener de 19 à deux le nombre de sociétés d'État chargées de donner un coup de pouce aux entreprises, de même que faire passer de 70 % à moins de 50 % la proportion d'argent public des sommes totales investies dans le capital de risque. Les seules rescapées de l'opération seraient la Société générale de financement (SGF), pour l'aide aux grandes entreprises, et Investissement Québec, pour le soutien apporté aux petites et moyennes entreprises (PME).

Par ailleurs, en régions, le groupe jugerait utile de créer différents types de fonds mixtes (financement public et privé) qui seraient gérés par le secteur privé. Des mesures fiscales viendraient encourager les entreprises à investir dans ces fonds.

Des questions en suspens

«C'est très hasardeux. De quelles mesures fiscales s'agit-il? Quel serait le coût de ces mesures fiscales? C'est inquiétant pour les régions du Québec. Que se passera-t-il dans les régions qui ne trouveront pas de capital privé? Il y a beaucoup de questions qui sont en suspens», a dit M. Legault hier lors d'un entretien téléphonique.

Selon lui, «pour avoir parlé à des gens d'affaires en régions et des gens des milieux de développement économique, comme les CLD, il y a beaucoup d'inquiétude quant à l'approche qui est prise» dans le rapport Brunet.

Dès la sortie du rapport en décembre, le ministre du Développement économique et régional, Michel Audet, avait quant à lui aussitôt applaudi le groupe de travail, satisfait de voir qu'il épousait les orientations du gouvernement, quant au type de rôle qu'il veut jouer dans le développement économique.

Durant la première journée d'audiences aujourd'hui seront notamment entendus les points de vue de la présidente de Réseau Capital, Annie Thabet, du président d'Innovatech Régions ressources, Ghislain Blanchet, et du directeur du Centre de recherche du Centre hospitalier de l'Université Laval, Fernand Labrie.