La Banque du Canada constate des inquiétudes quant aux exportations

Carolyn Wilkins s’attend à ce que plusieurs facteurs alimentent une croissance plus solide au Canada.
Photo: Frank Gunn La Presse canadienne Carolyn Wilkins s’attend à ce que plusieurs facteurs alimentent une croissance plus solide au Canada.

Ottawa — L’incertitude persiste en ce qui a trait à un éventuel redressement des exportations canadiennes hors produits de base, a affirmé jeudi la première sous-gouverneure de la Banque du Canada.

Dans le texte d’un discours prononcé à l’Université du Québec à Trois-Rivières, Carolyn Wilkins a estimé que l’avenir de ces exportations n’était pas complètement prévisible malgré le dévoilement de certaines données encourageantes en juillet et en août. « Il reste de l’incertitude », a affirmé Mme Wilkins dans son discours. « Cette incertitude vient en partie de la croissance prospective de l’investissement aux États-Unis. Il se peut aussi que l’effet de la baisse des prix du pétrole sur l’économie américaine ne soit pas aussi positif qu’anticipé. »

La Banque du Canada attend de voir les exportations hors produits de base rebondir depuis l’écroulement des prix du pétrole et du dollar, il y a environ deux ans. Plusieurs observateurs comptent sur la reprise de ce secteur pour relancer l’économie du pays, obstinément stagnante.

Mme Wilkins a noté que même si la banque centrale avait observé une tendance à la hausse manifeste des exportations hors produits de base pendant les six dernières années, l’incidence du plus faible dollar canadien sur leur croissance s’est en grande partie estompée. La sous-gouverneure a rappelé comment les exportations hors produits de base avaient connu un mauvais deuxième trimestre cette année, ce qui était partiellement attribuable à une lente croissance économique et à de plus faibles investissements aux États-Unis, le premier partenaire commercial du Canada.

Mme Wilkins estime en outre que le Canada continue à faire face à une vive concurrence de la part d’autres pays, comme le Mexique, dont la devise s’est dépréciée plus rapidement que le huard. « Il faudra du temps pour déterminer pleinement quels facteurs touchant les exportations sont temporaires et lesquels sont permanents », a affirmé Mme Wilkins.

Des améliorations ont cependant lieu dans le secteur des services, qui représente environ 70 % de l’économie du pays et 80 % de ses emplois, a-t-elle indiqué. « Certains secteurs à forte valeur ajoutée ont bien progressé », incluant ceux de la culture et du transport aérien. Les exportations du Canada pour le secteur des services s’élèvent à environ 100 milliards, soit environ un dollar sur six des revenus d’exportations du pays, a-t-elle précisé.

Mme Wilkins s’attend à ce que plusieurs facteurs alimentent une croissance plus solide au Canada. Ceux-ci comprennent l’engagement du gouvernement fédéral à dépenser 25 milliards de plus sur deux ans dans des projets d’infrastructures et dans des programmes visant les ménages comme l’allocation canadienne pour enfants. « Les effets de ces stimulants budgétaires gagneront en importance à mesure que l’année avance. »

La sous-gouverneure a aussi évoqué les inquiétudes de stabilité financière de la banque, notamment le haut niveau d’endettement des ménages canadiens et les marchés immobiliers très actifs. Selon Mme Wilkins, les changements apportés aux règles par Ottawa plus tôt cette semaine, qui visent à limiter davantage l’activité d’emprunt et à ralentir les marchés immobiliers, devraient mitiger une partie de ces risques.

Constance au Québec

Par ailleurs, l’économie du Québec croît à un rythme constant et elle devrait profiter de la demande provenant des États-Unis ainsi que de la confiance accrue des entreprises, selon un rapport publié jeudi par BMO Groupe financier. Le taux de croissance du PIB réel s’établira vraisemblablement à 1,4 % cette année, après avoir atteint 1,1 % en 2015.

C’est cependant la Colombie-Britannique qui mène le bal en matière de croissance économique. Le rapport de BMO prédit en effet une croissance de 3 % cette année pour cette province, plus de deux fois la croissance nationale de 1,2 %. L’Alberta voisine est cependant en récession, et son économie devrait perdre un autre 2,3 % cette année, après un recul de 4 % en 2015. Robert Kavcic, économiste principal chez BMO, croit cependant que l’économie retournera vers la croissance d’ici l’an prochain pour se situer tout près du 2 %.

Le rapport indique que le Québec, l’Ontario et le Manitoba se situent tous au-dessus de la moyenne nationale, tandis que les provinces maritimes sont en-dessous.