La grève continue au CN - Ford renvoie à la maison 1450 travailleurs

Ford du Canada a dû renvoyer à la maison 1450 de ses travailleurs hier en raison de la grève de quelque 5000 syndiqués du CN.

Une porte-parole de Ford a précisé que la mesure touchait 1200 travailleurs de l'usine d'assemblage de Saint Thomas, en Ontario, et 250 autres à Windsor qui oeuvrent sur une ligne d'assemblage et dans une usine de moteurs.

Les activités de ces usines ont été perturbées par une pénurie de pièces qui devaient arriver par train.

«Nous étudions la possibilité d'utiliser temporairement d'autres moyens de transport, a dit la porte-parole de Ford, Lauren More. Nous utilisons des camions quand c'est possible.»

Le syndicat des Travailleurs canadiens de l'automobile (TCA), qui représente les 5000 travailleurs en grève du CN, prétend que GM Canada a dû lui aussi se tourner vers le transport par camions. Un porte-parole de GM, Stew Low, n'a pas voulu confirmer l'information, mais il a reconnu «que des gens en coulisse font des pieds et des mains pour que nos véhicules soient acheminés à nos clients».

GM Canada utilise le train pour transporter la plupart de ses véhicules neufs qui sortent de ses usines d'assemblage à Oshawa, en Ontario. Seulement 10 % des pièces sont toutefois acheminées par train.

Un porte-parole du CN, Mark Hallman, affirme toutefois que son entreprise ne doit pas être blâmée pour la décision de Ford de renvoyer des travailleurs à la maison. À son avis, le CN est «disposé, en mesure et capable de desservir ces clients. Ce sont eux qui ont pris la décision de ne pas utiliser le CN».

Des délais

Les TCA font valoir que le service du CN est ralenti dans tout le pays et que l'entreprise ne pourra continuer encore longtemps à utiliser des cadres pour remplacer les employés en grève. Les activités intermodales du CN semblent les plus touchées.

«Le CN est touché parce qu'il y a des délais, particulièrement pour les camions qui doivent se rendre à ses installations intermodales», a dit un porte-parole des TCA, Abe Rosner. «Les constructeurs automobiles ont transféré une part importante de leurs livraisons à l'industrie du camionnage, alors qu'il y ait des délais ou non, il y a certainement une perte de revenus pour le CN», a ajouté M. Rosner.

M. Hallman reconnaît qu'il y a certains délais, mais il affirme que les activités du transporteur ferroviaire se déroulent «presque normalement».

Selon M. Hallman, les ordonnances de la cour qui limitent l'ampleur des piquets de grève aux quatre principales installations intermodales du CN permettent aux camions de bien circuler. Ces installations sont situées à Montréal, Winnipeg, Edmonton et Brampton, en Ontario.

Les opérateurs de grues ainsi que les techniciens qui travaillent à ces installations sont au nombre des grévistes, tout comme les employés de bureau et des préposés au service à la clientèle à Winnipeg.

Le gouvernement fédéral a nommé deux médiateurs pour qu'ils tentent de rapprocher les parties. Les membres des TCA ont rejeté les ententes de principe pour de nouveaux contrats de travail de trois ans, malgré une recommandation favorable de leur syndicat. Ces ententes comportaient des augmentations de salaire annuelles de 3 %.