Afin de faire face à la forte augmentation du nombre des retraités - Omers revoit sa stratégie pour générer de meilleurs rendements

Toronto — L'un des plus importants fonds de retraite au Canada, Omers, annonce qu'il investira moins dans les actions et obligations pour miser davantage sur les placements dans des entreprises non inscrites en Bourse, les infrastructures et l'immobilier.

Le p.-d.g. du fonds de retraite des employés municipaux de l'Ontario, Paul Haggis, a précisé hier que cette refonte de la stratégie d'investissement visait à générer de meilleurs rendements pour faire face à la forte augmentation du nombre de retraités au cours des années à venir.

La nouvelle stratégie devrait générer de «solides liquidités et donc des rentrées de fonds régulières pour verser les prestations qui passeront de 1,4 milliard par an aujourd'hui à sept milliards par an d'ici 2025. D'ici là, les baby-boomers seront en pleine retraite», a indiqué M. Haggis par voie de communiqué.

La nouvelle politique de composition de l'actif prévoit que la part des investissements sous forme d'actions cotées en Bourse et d'obligations passera de 80 à 60 %. La part de placements dits «alternatifs» — des entreprises non inscrites en Bourse, les infrastructures et l'immobilier — doublera, passant de 18 à 35 %. La part des obligations à rendement réel — dont les rendements sont supérieurs à l'inflation — atteindra 5 %, comparativement à 3 % présentement.

Effondrement de la bulle boursière

Même si les grands fonds de retraite canadiens ont généré en 2003 de solides rendements grâce à la reprise des marchés, l'effondrement de la bulle boursière au cours des années précédentes a fait en sorte que des milliards de dollars se sont volatilisés, obligeant ainsi les gestionnaires à reconsidérer leur stratégie.

La croissance du nombre de prestataires, causée par la retraite de milliers de baby-boomers, met aussi une forte pression sur les gestionnaires de fonds pour qu'ils génèrent de forts rendements. La semaine dernière, le fonds de retraite des enseignants ontariens, Teachers, annonçait que ses actifs ne suffisaient plus à couvrir les prestations des futurs retraités, ce qui se traduit par un déficit de 6,2 milliards.

D'autre part, Omers a annoncé la création d'une filiale, Borealis Infrastructure, qui aura la responsabilité de gérer les investissements de quelque un milliard dans les infrastructures. Ceux-ci comprennent un réseau d'oléoducs pour l'exportation de pétrole, des installations d'énergie nucléaire, le pont de la Confédération qui relie l'Île-du-Prince-Édouard au Nouveau-Brunswick, ainsi que le corridor de transport par camions et ferroviaire Detroit River Tunnel.

Omers gère présentement un actif de 32,7 milliards.