L’économie canadienne croîtra moins vite que prévu

Le FMI estime dorénavant que le PIB du Canada progressera de 1,2 % cette année et de 1,9 % l’an prochain. Ces deux estimations sont inférieures de 0,2 point de pourcentage aux perspectives émises par le FMI en juillet.
Photo: Andrew Vaughan La Presse canadienne Le FMI estime dorénavant que le PIB du Canada progressera de 1,2 % cette année et de 1,9 % l’an prochain. Ces deux estimations sont inférieures de 0,2 point de pourcentage aux perspectives émises par le FMI en juillet.

Washington — Le Fonds monétaire international a réduit mardi ses prévisions de croissance pour l’économie canadienne en 2016 et 2017, ce qu’il a notamment expliqué par le fait que l’économie américaine était plus faible qu’il l’avait prévu plus tôt cette année.

Le FMI estime dorénavant que le PIB du Canada progressera de 1,2 % cette année et de 1,9 % l’an prochain. Ces deux estimations sont inférieures de 0,2 point de pourcentage aux perspectives émises par le FMI en juillet.

Entre autres choses, l’organisation juge que le Canada ressent les contrecoups de la faiblesse inattendue aux États-Unis — la plus grande économie au monde et un important marché pour les biens et services canadiens. D’ailleurs, le FMI a drastiquement revu en baisse mardi sa prévision de croissance économique pour les États-Unis, l’estimant même plus faible que celle de la zone euro cette année. La croissance du PIB américain devrait être de 1,6 % seulement en 2016, soit 0,6 point de pourcentage de moins que la prévision de juillet. Par comparaison, celle de la zone euro est prévue à 1,7 %.

Pour 2017, l’expansion des États-Unis devrait être de 2,2 % au lieu de 2,5 % estimé précédemment, selon les prévisions économiques mondiales du FMI. La Réserve fédérale américaine (Fed) pour sa part mise sur une croissance de 1,8 % en 2016 et 2 % en 2017.

Perte d’élan

Cette coupe sévère des prévisions du FMI reflète la décélération de la première économie mondiale sur les six premiers mois de l’année. L’expansion américaine n’a été que de 0,8 % au premier trimestre et 1,4 % au deuxième, en rythme annualisé. Cette « perte d’élan » est survenue malgré « une politique budgétaire relativement propice et un rythme de normalisation de la politique monétaire plus lent que prévu », commente le FMI, qui avance deux principaux facteurs : un long ajustement des stocks et de faibles investissements des entreprises. Celles-ci ont en effet été refroidies par les conséquences des bas prix énergétiques, mais aussi par l’appréciation du dollar et les turbulences sur les marchés survenus au début de l’année.

La forte incertitude autour des élections présidentielles qui interviendront le 8 novembre a aussi pesé sur le climat des affaires, reconnaît le FMI.

Bonnes nouvelles

Côté positif, les créations d’emplois ont été vigoureuses, souligne le Fonds tout en ajoutant que le déclin du taux de chômage à son niveau d’avant la crise financière (4,9 %) « surévalue » la bonne santé du marché de l’emploi, car le taux de participation à l’emploi est plus faible. Autres points forts : le marché immobilier s’est amélioré et les dépenses de consommation sont restées robustes.

Étant donné que les hausses de salaires et celles des prix ont été contenues, le choix de la Fed de faire une pause sur les taux d’intérêt, après la modeste hausse de décembre, était la réponse appropriée, juge le Fonds. « Les prochaines hausses de taux devraient être progressives et liées à des signes clairs que les salaires comme les prix se raffermissent de façon durable », prescrit encore le FMI.