La solvabilité des caisses de retraite s’est améliorée

Depuis le début de l’année, les actions canadiennes sont en hausse de 15,8 %.
Photo: Jerry Nes Getty Images Depuis le début de l’année, les actions canadiennes sont en hausse de 15,8 %.

Des rendements au rendez-vous au troisième trimestre ont contribué au retour de la solvabilité des caisses de retraite à son niveau du début d’année. Mais pour plusieurs régimes à prestations déterminées, une hausse du taux de cotisation ne pourra être évitée. Sauf au Québec.

Selon les données du cabinet Mercer pour le troisième trimestre, le niveau de solvabilité d’un régime de retraite hypothétique est passé de 90 à 92 % entre le 30 juin et le 28 septembre, pour revenir à son niveau du début d’année. Le ratio médian des clients de Mercer s’est chiffré à 85 %, contre 82 % à la fin du deuxième trimestre.

« Les régimes de retraite ont profité des solides rendements dégagés par les marchés boursiers en 2016, particulièrement du côté des actions canadiennes. » Cet avantage a cependant été « en grande partie neutralisé par le recul des taux de rendement des obligations à long terme et l’appréciation du dollar canadien, qui a eu un effet négatif sur le rendement des actifs étrangers qui ne font pas l’objet d’une stratégie de couverture de devises ».

Malgré cette légère amélioration, une hausse des cotisations apparaît sur le radar en 2017 selon les modalités réglementaires. Mercer explique que nombre de promoteurs de régime à prestations déterminées ont déposé des évaluations actuarielles à la fin de 2013. De nouvelles évaluations doivent être soumises à la fin de 2016. « La situation est différente au Québec, où les cotisations requises devraient demeurer relativement stables par suite d’un important changement apporté aux règles de capitalisation au début de 2016. Les décideurs des autres provinces songent également à apporter des modifications aux règles de capitalisation, ce qui pourrait donner une certaine marge de manoeuvre aux promoteurs », précise le cabinet en ressources humaines.

Et les rendements

Au chapitre de la performance, un portefeuille équilibré type aurait produit un rendement de 4,1 % au troisième trimestre de 2016, alimenté par la poussée de 5,4 % des actions canadiennes. Depuis le début de l’année, les actions canadiennes sont en hausse de 15,8 %.

Les actions américaines ont livré des rendements positifs en dollars américains (4 %) et en dollars canadiens (6,2 %) au troisième trimestre. À l’international, la performance des actions a été de 6 % en monnaie locale et de 8,5 % en dollars canadiens. « Les titres des marchés émergents ont été les plus performants durant le trimestre, inscrivant un rendement de 8,7 % en monnaie locale et de 12,5 % en dollars canadiens », ajoute Mercer.

Sur les titres obligataires, la courbe de rendement a peu bougé au Canada, les taux ayant diminué de 5 à 10 points de base depuis le début du trimestre, mais entre 30 et 50 depuis la fin de 2015.

Pour le prochain trimestre, « de nombreuses questions demeurent en suspens : Les taux d’intérêt diminueront-ils davantage comme on l’a vu en Europe et au Japon ? Comment les marchés boursiers réagiront-ils lorsque la Réserve fédérale américaine augmentera les taux d’intérêt à court terme ? Quel impact à court terme les élections américaines auront-elles sur les marchés mondiaux et quelle en sera l’incidence à long terme sur la croissance économique ? », énumère Mercer.