Salaire minimum: si l’Alberta le fait, le Québec peut le faire, dit la CSN

Le président de la CSN, Jacques Létourneau, soupçonne que le gouvernement du Québec veut noyer le débat sur le salaire minimum à 15 $ dans un débat plus vaste sur un revenu minimum garanti.
Photo: Xavier Arnau / Getty Images Le président de la CSN, Jacques Létourneau, soupçonne que le gouvernement du Québec veut noyer le débat sur le salaire minimum à 15 $ dans un débat plus vaste sur un revenu minimum garanti.

Le refus du gouvernement Couillard de débattre dès maintenant du salaire minimum à 15 $ déçoit le président de la CSN, Jacques Létourneau, qui se demande pourquoi le Québec ne pourrait pas le hausser à ce niveau puisque l’Alberta, qui traverse une situation économique difficile, vient de le faire.

Le Parti québécois et Québec solidaire insistent depuis des mois pour que des pas en ce sens soient franchis. Et la plus récente tentative de Québec solidaire pour faire qu’une commission parlementaire étudie au moins la question a été battue en brèche par les députés libéraux, qui ont voté contre une motion en ce sens.

Au cours d’une entrevue, mercredi à Lévis, au conseil confédéral de sa centrale, le président de la CSN s’est dit déçu, mais en même temps pas surpris de l’attitude du gouvernement Couillard dans le dossier du salaire minimum à 15 $. Le 22 août dernier, pourtant, le premier ministre s’était dit ouvert à faire le débat, à la condition que tous les points de vue soient entendus. Les petites et moyennes entreprises, notamment, sont extrêmement réticentes à une telle augmentation du salaire minimum, évoquant même des pertes d’emplois s’il était haussé à ce niveau.

« C’est décevant, parce que je pense que les conditions sont réunies pour augmenter le salaire minimum au Québec. Si l’Alberta est capable de le faire, pourquoi le Québec ne serait pas capable de le faire ? Mais disons que le signal qui est envoyé par le premier ministre, ça n’annonce rien de bon en la matière », a-t-il indiqué au cours d’une entrevue.

M. Létourneau soupçonne que le gouvernement veut noyer le débat sur le salaire minimum à 15 $ dans un plus grand ensemble, soit dans le cadre d’un débat sur un revenu minimum garanti, soit par le biais d’autres programmes ou mesures fiscales pour aider les gens à faible revenu.

Sommet sur l’emploi

Par ailleurs, maintenant que l’on sait que le sommet sur l’économie et l’emploi aura lieu en février, le président de la CSN a prévenu le gouvernement qu’il n’avait pas l’intention de participer à « un show de boucane ». Ce sommet, pour lequel des rencontres préliminaires doivent avoir lieu en novembre, doit réunir les différents partenaires du marché du travail en compagnie de plusieurs ministres du gouvernement Couillard.

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3 commentaires
  • Jean-Yves Arès - Abonné 29 septembre 2016 13 h 52

    Faut-il vraiment expliquer l'abc économique au président d'un syndicat au 300,000 cotisants ?

    Ici on ne peut que comprendre que cette sortie médiatique est une opération qui consiste à redorer l’image des grandes centrales syndicales et faire oublier que leurs actions tournent toujours autour des intérêts tout privés de leurs membres cotisants.

    La question même posée par m. Letourneau est gênante : «Si l’Alberta est capable de le faire, pourquoi le Québec ne serait pas capable de le faire ?».
    Le président de la centrale syndicale, qui récolte des centaines de millions$ en cotisations par année, a vraiment besoin de se le faire expliquer? Ou alors il joue de façon hyper-superficielle le sujet pour n’en faire ressortir que son effet populiste particulièrement primaire ?

    -
    Rappel comparatif de situation.
    PIB brute par habitant de l’Alberta en 2013 : 84,400$, c'est-à-dire le plus élevé de l’Amérique du nord !
    Pib brute du Québec, toujours en 2013, et de la même source : 45,400$, c’est à dire un des plus modeste du Canada et des États-Unis.
    http://www.bdp.parl.gc.ca/content/lop/ResearchPubl
    http://www.bdp.parl.gc.ca/content/lop/ResearchPubl

    On peut le regarder aussi la situation en fonction d’une référence internationale du PIB exprimé en $U.S. et en parité au pouvoir d’achat. Là sur le lien la proportion de l’écart reste semblable. On peut tout de même croire que l’inflation a dû toucher un plus la zone riche de l’Alberta, mais il ne semble pas que ce soit de beaucoup. Reste qu’en plein boum économique il devait y avoir moins de d’emplois au salaire minimum mais que ce nombre a dû augmenter significativement avec leur récession. Ici il faudrait spécifiquement connaitre le pouvoir d’achat respectif, Alberta/Québec, des revenus disponibles que procure un salaire minimum.

    http://img110.xooimage.com/files/9/0/7/pib-alberta
    La capture d’écran vient de ce lien,
    http://www.conferenceboard.ca/hcp/provincial-fr/ec

    • Jean-Yves Arès - Abonné 29 septembre 2016 13 h 54

      Suite...

      Au haut du graphique des deux PIB on peut ajouter d’autres provinces ou pays pour comparer. Je suggère La Finlande pour son PIB semblable a celui du Québec, mais ou l’on retrouve une meilleure répartition de la richesse.
      http://img110.xooimage.com/files/e/a/5/pib-alberta

      Une meilleure répartition est donc possible avec un même niveau de richesse.

      Mais cela suppose une répartition différente, et non pas plus de revenu pour tout le monde…

      Là je ne suis pas sûr que nos syndicats seront vraiment preneurs !

    • Donald Bordeleau - Abonné 29 septembre 2016 20 h 16

      Un salaire à 15$ aura un effet sur l'activité économique par plus de travailleurs qualifiés, une augmentation du PIB.

      De plus, il y aura plus d'intérêts pour les travailleurs à occuper des emplois mieux rénumérés.