La propriété demeure accessible - La BMO ne craint pas la bulle immobilière

Après l'étude de la Banque Royale qui, mardi dernier, concluait dans le même sens, les économistes de la Banque de Montréal ont également affirmé que la propriété demeurait toujours accessible malgré la forte poussée des prix. Surtout, il n'y aurait toujours pas de bulle immobilière ni de risque d'effondrement des cours.

Poussant plus loin la réflexion, tout au plus prévoit-on chez BMO Groupe financier que l'accessibilité sera réduite quelque peu en 2004 et que le marché de l'habitation retrouvera un certain équilibre. «Nous nous attendons à ce que la hausse des taux hypothécaires et des prix des maisons plus tard cette année ait pour effet de réduire davantage l'accessibilité, mais le pourcentage du revenu représenté par les frais mensuels de possession d'un logement neuf demeurera inférieur aux moyennes historiques», a soutenu Michael Gregory. Et l'économiste en chef adjoint de l'institution financière de renchérir: «Il n'y a pas lieu de craindre qu'on soit en train de construire trop de logements et, donc, de courir un risque de chute brutale des prix. En fait, les données indiquent que le marché de l'habitation connaîtra un atterrissage en douceur.»

Les mises en chantier s'accélèrent

On retient que les mises en chantier continuaient à évoluer de manière accélérée en janvier. Atteignant un rythme annuel de 195 500 l'activité revenait, certes, sous la barre des 200 000 unités pour la première fois en huit mois. Mais elle s'inscrivait tout de même en hausse de 7 % par rapport à l'année précédente. N'empêche, «bien qu'un taux de croissance ne dépassant pas les 170 000 nouvelles unités d'habitation soit considéré comme pouvant être maintenu à long terme, compte tenu de la tendance canadienne au chapitre de la formation des ménages, il est possible d'absorber à court terme un rythme de construction plus élevé, en raison de la demande contenue des années précédentes et du fractionnement des ménages existants». L'économiste de la BMO estime que «la demande sous-jacente de logements pourra absorber environ 200 000 mises en chantier cette année, et que le taux d'absorption passera à 180 000 en 2005».

Dans sa dernière étude, BMO rappelle qu'au dernier trimestre 2003, le prix moyen des propriétés résidentielles au Canada était en hausse de 11,1 % sur un an. Il se situait à 214 856 $ contre 193 366 $. Parmi les grands centres urbains, les plus fortes augmentations ont été enregistrées à Victoria (+18 %), à Montréal (+17 %, à 177 858 $) et à Vancouver (+15 %). À titre de comparaison, l'augmentation entre les derniers trimestres 2002 et 2003 a été de 14 % (à 121 850 $) à Québec et de 13 % dans le Grand Toronto.

Malgré cette poussée, l'indice d'accessibilité ne s'est détérioré que légèrement au cours de cette période. Du moins, «les mensualités des prêts hypothécaires à taux fixe ont absorbé 39,4 % du revenu des ménages [au quatrième trimestre 2003], contre 36,9 % un an plus tôt. En dépit de cette érosion de l'accessibilité, on est encore loin des moyennes historiques de 47,5 %», a ajouté M. Gregory.

À l'échelle nationale, cette mensualité se chiffrait à 1297 $ (selon un taux hypothécaire fixe de cinq ans), à 1075 $ selon un taux variable. Elle était de 960 $ et de 796 $ respectivement au Québec, de 1073 $ et de 890 $ respectivement à Montréal.