Le «blockchain» attire les grands joueurs de la finance

Le quartier financier de Londres
Photo: Archives Agence France-Presse Le quartier financier de Londres

Un an après le lancement d’un consortium mondial d’institutions financières intéressées par la promesse du «blockchain», dont plusieurs banques canadiennes, un des cofondateurs s’étonne du degré de participation, mais affirme que la crainte de rater le bateau y est peut-être pour quelque chose.

« Nous avons 67 institutions, et j’ai été vraiment surpris de leur désir de collaborer », a dit Todd McDonald, cofondateur et chef de l’exploitation du consortium R3, lors d’une allocution au Forum Fintech Canada organisé par Finance Montréal. « Je pense que ça vient un peu plus de la peur et de la cupidité que d’un désir de collaborer, mais enfin. »

Basé à New York et à Londres, R3 regroupe les grandes banques du monde, comme BNP Paribas, Morgan Stanley et HSBC, mais aussi la Banque Royale, la Banque de Montréal, la CIBC, la Scotia et la Banque TD. Le consortium vise à jeter les bases d’une infrastructure mondiale tout en explorant les applications concrètes que le «blockchain» peut engendrer dans le vrai monde.

Le «blockchain», technologie qui sous-tend le système du bitcoin, est une sorte de grand registre de transactions accessible à tous les participants en tout temps. Depuis un an ou deux, cependant, il retient l’attention du milieu financier, qui voit en lui le potentiel d’améliorer son efficacité, de réduire ses coûts et de diminuer le nombre d’intermédiaires dans le jeu des transactions.

« Le blockchain est jeune et intéressant, mais il est insondable, alors beaucoup de monde essaie de comprendre son mode de fonctionnement », a dit M. McDonald. « En gros, je dirais que ce grand livre permet à des acteurs d’être constamment sur une même longueur d’onde par rapport à un fait ou à une entente, aussi longtemps qu’il le faut. Il y a beaucoup de potentiel », a-t-il ajouté, notamment autour de la notion de confiance et d’une surveillance réglementaire rigoureuse et en temps réel.

Coeur de l’industrie

Le Forum économique mondial a récemment publié les résultats d’une recherche d’un an, auprès de 200 experts, dont les conclusions sont sans équivoque. En gros, les auteurs y affirment que le «blockchain», même s’il est invisible du grand public, comporte un tel nombre d’usages potentiels qu’il deviendra le « coeur même » du secteur financier. Le rapport, publié au milieu du mois d’août, a précisé que la technologie pourrait « mener à des baisses de frais, à une meilleure surveillance et à une préparation contre les bulles financières ».

Todd McDonald a notamment mentionné les enjeux entourant l’identité. « Quand vous ouvrez un compte de banque, on vous demande une facture d’électricité. Ça ne me semble pas être une très bonne façon de prouver votre identité. C’est problématique, parce que nous remettons notre identité entre les mains de plusieurs institutions. C’est aussi un enjeu pour les sociétés. Les banques, qui sont devenues des fiduciaires de cette identité, ne veulent plus vraiment avoir cette responsabilité, à cause des coûts et de la cybersécurité. »

Le Forum Fintech, qui réunit des investisseurs, des gens du milieu financier et des entrepreneurs venus participer à un concours de présentation, a pris beaucoup d’expansion depuis sa première mouture en 2013, si bien qu’il se décrit maintenant comme le principal congrès en la matière au Canada. Un autre grand événement a récemment eu lieu à Toronto, organisé par le Digital Finance Institute.

Sept minutes pour gagner

La société Payment Rails a remporté mercredi le concours annuel où quelques sociétés disposent de quelques minutes seulement pour présenter leur modèle d’affaires et le potentiel de croissance qu’il recèle. Le gagnant a été choisi par un jury d’experts et par les participants, qui pouvaient voter en direct grâce à l’application du Forum Fintech. Payment Rails se spécialise dans la simplification de paiements effectués à des contractuels et fournisseurs dans le monde entier, quels que soient la devise ou le mode de transfert. Les trois autres participants étaient Philip Barrar (MYLO, une application d’épargne automatisée), Laurence Cooke (nanoPay, qui permet de faire des paiements sans intermédiaire) et Jacques Leblanc (Expertus Technologies, spécialisée dans la gestion de trésorerie pour les institutions financières).
1 commentaire
  • Denis Paquette - Abonné 22 septembre 2016 11 h 58

    quelle folie que de croire au surhomme

    vouloir refaire la dynamique social du profit n'est ce pas exactement ce qui nous a conduit a la crise de 2008 ,il faut bien etre un banquier et maitre du monde pour ne pas avoir plus de jugement, ne pas savoir que la premiere des richesses est de durer, que sur l'éphémere aucune culture ne peut subsister, enfin chaque génération a ses points aveugles, meme si le savoir double aux dix ans, quelle folie que de croire au surhomme mon père avait l'habitude de dire que trop c'est comme pas assez