La croissance économique ralentit - Recul prononcé du taux d'inflation canadien à 1,2 % en janvier

Ottawa — Le taux d'inflation annuel a reculé de manière substantielle au pays en janvier, à 1,2 %, alors qu'il s'élevait à 2 % en décembre. Sur 12 mois, il s'agit du plus faible indice depuis mai 2002, alors que les consommateurs déboursaient 1 % de plus pour l'achat de biens et services comparativement à mai 2001.

Statistique Canada précise toutefois qu'en excluant les prix de l'énergie, le taux d'inflation serait de 1,5 %, réduisant ainsi l'écart avec décembre, alors qu'il était de 1,7 % sans l'énergie. L'agence fédérale rappelle qu'un an plus tôt, les données sur l'énergie avaient été biaisées à la suite du remboursement par le gouvernement ontarien, en décembre 2002, d'une partie de la facture d'électricité des résidents de la province. Cette politique se reflète encore dans l'indice des prix à la consommation.

La hausse du taux au Québec correspond à celle du taux national tandis que l'Ontario et la Colombie-Britannique ont enregistré un taux annuel de 1,5 % en janvier.

«La chute de l'inflation se poursuivra au cours des prochains mois», affirment les économistes chez Desjardins, en soulignant que le ralentissement de la croissance économique canadienne depuis quelques trimestres a amené un écart négatif entre la production et la pleine utilisation de son potentiel. «Cet écart ne se refermera pas avant 2005 en raison des perspectives de croissance mitigées dans les prochains mois», selon Desjardins.

«Il n'y aura vraisemblablement pas de pressions inflationnistes tout au long de l'année et la Banque du Canada devrait abaisser de nouveau ses taux d'intérêt directeurs le 2 mars prochain», indique le service des études économiques de Desjardins.

Dans l'ensemble, les consommateurs ont payé plus pour leurs primes d'assurance de véhicules et de propriété ainsi que pour les cigarettes au cours du mois de janvier. Fait à noter: les étudiants ont dû payer en moyenne 8,1 % de plus pour leurs droits de scolarité, alors qu'au cours des trois années précédentes, les augmentations étaient de 3,8 % en moyenne. Les consommateurs ont déboursé moins pour l'essence (en baisse de 2,5 %), l'hébergement pour voyageurs, les véhicules automobiles ainsi que pour l'achat de certains fruits et légumes frais.

Sans les huit composantes les plus volatiles, déterminées par la Banque du Canada, le taux d'inflation annuel a progressé de 1,5 % de janvier 2003 à janvier 2004, soit une forte baisse par rapport à la hausse de 2,2 % enregistrée en décembre. Mais l'écart est moins grand avec novembre, dont le taux annuel était de 1,8 %, outil de comparaison plus fiable, selon Statistique Canada, en raison de l'impact du remboursement versé aux consommateurs d'électricité de l'Ontario en décembre 2002 sur l'indice de décembre 2003.

Hausse aux États-Unis

Aux États-Unis, une hausse importante des prix de l'essence et autres produits de l'énergie a entraîné une augmentation de l'indice des prix à la consommation en janvier. Il a crû de 0,5 %, soit la plus forte augmentation depuis février 2003, aussi en hausse 0,5 %. Cette augmentation survient alors qu'en décembre, l'indice avait crû d'un maigre 0,2 %, selon le département américain du Travail.

En excluant l'énergie et les prix pour les produits alimentaires, très volatils de mois en mois, l'inflation a crû de 0,2 % en janvier, de 0,1 % de plus par rapport à décembre. Les prix de l'énergie ont connu leur plus forte hausse depuis mars 2003, grimpant de 4,7 %. L'essence était en hausse de 8,1 %, le gaz naturel, de 3,8 %, et le mazout, de 7,2 %.

Récemment, le président de la Réserve fédérale américaine, Alan Greenspan, a affirmé que l'inflation ne constitue pas une menace pour l'économie, laissant une marge de manoeuvre à la Fed pour garder les taux d'intérêt à leur niveau le plus bas en quatre décennies.