Un million d’emprunteurs vulnérables à une hausse des taux

L’agence TransUnion chiffre à 26 millions le nombre de consommateurs canadiens ayant recours au crédit. Une augmentation d’à peine un quart de point placerait toutefois plus de 700 000 d’entre eux en difficulté.
Photo: iStock L’agence TransUnion chiffre à 26 millions le nombre de consommateurs canadiens ayant recours au crédit. Une augmentation d’à peine un quart de point placerait toutefois plus de 700 000 d’entre eux en difficulté.

Ils seront près d’un million d’emprunteurs canadiens à se retrouver en difficulté advenant une hausse du loyer de l’argent. Selon l’augmentation du taux, l’impact serait difficilement ressenti pour 40 % des détenteurs de dette à taux variable, qui peineraient à absorber le choc sur leurs mensualités, estimées à 50 $ ou plus.

Par ailleurs, une éventuelle hausse des taux d’intérêt au Canada aurait peu ou pas d’impact matériel pour un nombre élevé d’emprunteurs canadiens. L’agence TransUnion chiffre à 26 millions le nombre de consommateurs canadiens ayant recours au crédit. Une augmentation d’à peine un quart de point placerait toutefois plus de 700 000 d’entre eux en difficulté. Et plus d’un million ne seraient pas capables d’absorber une augmentation d’un point de pourcentage.

L’agence rappelle que deux types de crédit sont particulièrement sensibles à une variation du loyer de l’argent, soit la marge de crédit et l’hypothèque à taux variable, et a pour appui le taux préférentiel, présentement à 2,7 %. Environ sept millions de Canadiens détiennent l’une, l’autre ou les deux. Advenant une remontée des taux de 25 points, 15 % de cette population se retrouverait à risque et peinerait à assumer une hausse de 50 $ ou plus de leurs mensualités. La proportion passe à 30 % advenant une augmentation de 50 points de base, et à 40 % dans le cas d’une progression d’un point de pourcentage.

« Pour la plupart, une progression de 50 $ forcera la décision de supprimer un ou deux repas au restaurant. Pour plusieurs, ce sera une question de pouvoir faire le plein d’essence pour aller travailler », a illustré Jason Wang, directeur de la recherche chez TransUnion.

L’agence va plus loin. Son étude répartit les emprunteurs selon la qualité de leur cote de crédit. Sur les 718 000 emprunteurs ne disposant pas suffisamment de flux monétaire pour absorber une hausse de 25 points de base, les deux tiers se classent présentement dans la catégorie faible risque. La même proportion vaut pour les 971 000 personnes ne bénéficiant pas du coussin financier pour éponger une augmentation de 100 points de base. « Des centaines de milliers d’emprunteurs entrant traditionnellement dans la catégorie des consommateurs à faible risque deviendraient soudainement à risque », souligne l’agence.

L’agence de crédit ne propose pas une répartition géographique de ses données. Sur la base des ménages, les chiffres de Statistique Canada indiquent que 5 % des ménages canadiens se retrouveraient présentement au seuil d’insolvabilité, un poids repris au niveau québécois. Le Mouvement Desjardins a déjà proposé une simulation démontrant qu’à moins d’un choc imprévu, comme une augmentation rapide et importante des taux d’intérêt, la capacité des ménages à honorer leurs obligations financières restera relativement bonne.

Le pourcentage de 5 % des ménages ayant du mal à rembourser leurs dettes ne devrait pas augmenter advenant une majoration limitée du loyer de l’argent. Mais un choc plus grand élèverait ce rapport à 5,5 %, plus de 25 000 ménages québécois s’ajoutant aux quelque 100 000 qualifiés présentement de vulnérables, pour entrer dans la zone du risque de défaut de paiement, concluait l’institution.