Des années de déficit en perspective

Même si Québec a dû signer un chèque de 730 000 $ à Québecor en raison du déficit de 1,4 million réalisé durant les quatre premiers mois d’activités du Centre Vidéotron, le patron de Québecor, Pierre Dion, maintient que l’entente est profitable pour la Ville.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Même si Québec a dû signer un chèque de 730 000 $ à Québecor en raison du déficit de 1,4 million réalisé durant les quatre premiers mois d’activités du Centre Vidéotron, le patron de Québecor, Pierre Dion, maintient que l’entente est profitable pour la Ville.

Québecor prévoit que le Centre Vidéotron sera déficitaire « pour quelques années », mais son président dresse malgré tout un bilan positif de sa première année d’activité de l’aréna qui a reçu 1,13 million de visiteurs et a été occupé 93 soirs.

« La première année a été couronnée de succès. On peut dire “mission accomplie” », a lancé Pierre Dion lors d’une conférence de presse très courue lundi matin.

L’entreprise s’attend néanmoins à faire un nouveau déficit en 2016 et encore « pour quelques années ». « On s’attend également à un déficit en 2016, et c’est normal. Ça va prendre quelques années avant d’arriver à une rentabilité, et c’est normal », a déclaré M. Dion. Québecor prévoit qu’il lui faudrait environ « 10 ou 15 ans » avant de pouvoir dresser un réel bilan de la performance du Centre.

« Nous autres, on veut que ça marche. On est investis dans ça. On est là pour les 20 prochaines années et on a tout intérêt à avoir une profitabilité le plus rapidement possible, a fait valoir l’homme d’affaires. Sauf que la réalité des autres amphithéâtres à travers le monde démontre que ça prend quelques années avant de rentabiliser une activité comme ça, donc ce n’est pas une surprise pour nous. »

Rappelons que la Ville a dû faire un chèque à Québecor de 730 000 $ cette année en raison du déficit d’au moins 1,4 million des quatre premiers mois d’activités du Centre Vidéotron en 2015. Il s’agit d’un remboursement du loyer puisque l’entente prévoit que la Ville partage les coûts du déficit jusqu’à concurrence du montant du montant du loyer, qui est de 2,5 millions par an.

Or, Pierre Dion souligne qu’il ne s’agit pas d’une réelle « sortie d’argent » puisque la Ville avait d’autres sources de revenus liés au Centre Vidéotron, dont la taxe de 4 $ sur les billets et le montant de 33 millions payé lors de l’ouverture pour les droits d’identification sur 25 ans (l’équivalent de 1,3 million par an). « C’est une très bonne entente pour la Ville. […] Le maire a décidé que la plus grosse partie de ses revenus, c’était un montant fixe garanti qui était les 33 millions. »

Le centre de 18 000 places qui appartient à la municipalité a coûté 370 millions à construire, dont 187 millions à la charge de la Ville et 200 millions du gouvernement du Québec.

Un succès populaire

Au cours d’un long échange avec les médias, Pierre Dion a martelé que le succès du Centre se mesurait aussi à sa grande popularité. Selon un récent sondage Léger mené pour l’entreprise, le taux de satisfaction des spectateurs s’élève à 96 %, et 69 % de l’ensemble de la population de la ville de Québec pense que sa construction « a été une bonne décision ». Le sondage réalisé sur Internet au début septembre s’appuie sur un échantillon de 500 personnes.

En plus des 93 soirs de spectacles et de parties de hockey des Remparts, l’amphithéâtre a reçu 30 événements pendant l’année. Il fait en outre partie du Top 50 Pollstar des arénas pour le nombre de billets vendus (350 000 en excluant les manifestations sportives), a-t-on fait savoir.

Pierre Dion a aussi voulu revenir sur la décision de garder confidentiels les résultats financiers du Centre malgré ce qui avait été convenu dans l’entente d’origine. « Ce serait se mettre à nu devant nos compétiteurs », a-t-il dit en faisant valoir que les autres arénas ne les divulguaient pas non plus. « Montréal ne le fait pas, Toronto ne le fait pas. Personne n’est obligé de le faire. »

L’équipe a en outre révélé que 70 % des visiteurs étaient de Québec. S’ajoutent 8 % de Montréal, 3 % de Saguenay, 2 % du Bas-Saint-Laurent, 2 % de la Mauricie, 7 % des États-Unis et 6 % du reste du Canada et de l’étranger.

L’équipe du Centre Vidéotron avait choisi de dresser son bilan ce lundi puisque cela fait exactement un an que l’amphithéâtre a ouvert ses portes.

Le président des Remparts, Jacques Tanguay s’est quant à lui félicité d’avoir maintenu l’accessibilité aux matchs qui prévalait dans l’ancien Colisée Pepsi. Même si l’équipe a connu une saison difficile, il s’est réjoui du fait que, avec un record de 492 597 spectateurs, la population lui était fidèle.

Il a rappelé que le nombre de billets vendus à Québec, toutes salles confondues, avait augmenté de 32 % selon les données les plus récentes de l’Institut de la Statistique du Québec (ISQ). « Ça n’a pas créé de baisse dans les autres salles », a souligné Pierre Dion. « Le centre Vidéotron n’a fait qu’augmenter l’économie de la culture à Québec. »

2 commentaires
  • Bernard Plante - Abonné 13 septembre 2016 10 h 45

    On le savait

    On savait que l'amphithéâtre allait être déficitaire pendant de nombreuses années. On savait aussi que ce serait les citoyens de Québec qui allaient payer pour ces déficits récurrents. Du moins, ceux qui ont écouté ce que MM. Miville-Dechene et De Bellevale avaient à dire le savaient!

    Selon leurs calculs, l'amphithéâtre allait être déficitaire pendant 20 à 25 ans, et l'entente ne couvrant pas ces déficits prévisibles, les montants à payer allaient nécessairement provenir de la poche des contribuables. L'avenir nous dira s'ils avaient raison mais on semble se diriger tout droit dans le mur qu'ils nous avaient annoncé.

    Bien entendu, il est impossible que le maire Labeaume se soit fait avoir à ce point...

    • André Tremblay - Abonné 13 septembre 2016 16 h 58

      C'est sûr que Régis ne s'est pas fait avoir. Comme Drapeau avec son stade olympique... Comme charest et Couillard avec le plan Nord...