Les Innus s’associent à Boralex

Le projet représente le dernier pan de la stratégie énergétique 2006-2015 du gouvernement du Québec, soit les 200 MW restants du vaste chantier de 4000 MW d’énergie éolienne.
Photo: Alexandre Shields Le Devoir Le projet représente le dernier pan de la stratégie énergétique 2006-2015 du gouvernement du Québec, soit les 200 MW restants du vaste chantier de 4000 MW d’énergie éolienne.

La nation innue a annoncé son partenariat avec l’entreprise Boralex pour la construction d’un parc éolien à Port-Cartier. Nommé Apuiat (bois de fabrication des avirons, en innu), le projet commercial est la toute première collaboration de cette envergure entre les neuf communautés innues de la Côte-Nord.

Le projet représente le dernier pan de la stratégie énergétique 2006-2015 du gouvernement du Québec, soit les 200 MW restants du vaste chantier de 4000 MW d’énergie éolienne. Ricky Fontaine, directeur général de la communauté Uashat mak Mani-Utenam et chargé de projet pour la nation innue dans ce dossier, explique que le projet Apuiat est né du désir des différents chefs innus de travailler ensemble sur un même moteur économique. « Au départ, plusieurs communautés avaient de petits projets et, au final, le gouvernement a suggéré de s’associer pour un grand projet. »

Le parc éolien devrait se dresser sur les terres publiques de la municipalité de Port-Cartier, une soixantaine de kilomètres à l’ouest de Sept-Îles. Le partenaire privé choisi, Boralex, s’associe avec Systèmes d’énergie renouvelable du Canada inc. (RES) pour la phase de développement, de conception et de construction des éoliennes. L’exploitation sera assurée par la nation innue et Boralex.

S’il reste toujours beaucoup de détails à régler d’ici à la construction des éoliennes, notamment la négociation d’un contrat d’approvisionnement en électricité par le réseau d’Hydro-Québec, l’annonce du choix des partenaires est une « bonne étape », selon Ricky Fontaine. « C’est beaucoup de négociations, entre neuf communautés, avec toutes des visions différentes du développement économique. C’est loin d’être facile. » Le critère incontournable d’un tel projet, explique-t-il, est l’acceptabilité sociale. Des consultations publiques ont d’ailleurs été organisées à la mi-octobre pour s’assurer d’un « large consensus » au sein des communautés touchées.

« Ces consultations, en amont du projet, permettront de bonifier [le projet] en augmentant la connaissance du territoire et de son utilisation, en plus de prendre en considération les commentaires des parties intéressées dès les premières étapes de développement », note le communiqué de la nation innue.

Bien que la forme définitive du projet ne soit pas encore connue, Boralex note que 200 MW représentent, au plus, 85 éoliennes. Leur entrée en activité est estimée à 2018 ou 2019.

À voir en vidéo