La Banque du Canada partagée entre déception et confiance

Photo: Annik MH de Carufel Le Devoir

La « chute » des exportations est « décevante », plus généralisée et plus forte que prévu, a souligné la Banque du Canada mercredi, mais l’économie canadienne pourrait vivre une reprise « marquée » dans la deuxième moitié de l’année.

Tout en annonçant le statu quo d’un taux directeur qui reste à 0,5 %, la banque centrale dirigée par Stephen Poloz a précisé qu’aux États-Unis, principal partenaire commercial du Canada, l’économie a pâti d’une diminution des investissements des entreprises et des dépenses de nature résidentielle.

« L’économie devrait rebondir au troisième trimestre grâce à la reprise de la production de pétrole, au démarrage de la reconstruction en Alberta et à l’impulsion additionnelle fournie aux dépenses de consommation par les paiements au titre de l’Allocation canadienne pour enfants », a écrit la Banque du Canada.

« Avec les effets des dépenses d’infrastructure du gouvernement fédéral qui commenceront à se faire sentir davantage, la croissance au quatrième trimestre devrait continuer à dépasser celle de la production potentielle », a ajouté la banque centrale.

Si plusieurs s’attendaient à ce que la faiblesse du dollar canadien donne des ailes à l’économie canadienne en période de repli du cours du pétrole brut, ce n’est assurément pas suffisant, a tranché la Banque CIBC dans une note de recherche publiée au même moment. L’institution croit que l’économie croîtra de 1,8 % en 2017, trois dixièmes de moins que prévu.

L’ajustement du taux directeur est un outil dont disposent les banques centrales pour stimuler l’activité économique ou contribuer à son refroidissement, car il finit par agir sur les prêts aux entreprises et à la consommation. La Banque du Canada, qui se préoccupe grandement de l’inflation des prix à la consommation, doit toutefois composer avec des différences marquées entre les régions, comme les provinces productrices d’hydrocarbures et les autres.

L’économie canadienne s’est contractée de 1,6 % au deuxième trimestre après les incendies de Fort McMurray, et la Banque du Canada a « résisté » à la tentation d’abaisser le taux directeur, ce qui était une « bonne décision », selon le Mouvement Desjardins. Aux yeux de ses économistes, « on ne peut complètement écarter » la possibilité d’un rebond « décevant » d’ici la fin de 2016. « Visiblement, la BDC ne ferme pas complètement la porte à une éventuelle baisse supplémentaire des taux d’intérêt directeurs », a écrit Benoit P. Durocher.

PIB en 2016

La croissance québécoise se situera à 1,5 % cette année, a prédit le ministre des Finances du Québec dans son dernier budget. Les institutions ne sont pas si certaines : alors que la Banque Nationale prévoit 1,3 %, Desjardins s’attend à 1,2 %.

Tout compte fait, Desjardins n’attend aucune modification du taux directeur avant le printemps 2018, alors que la Banque Nationale entrevoit un changement dans le taux à une « date avancée » en 2017. Le taux s’est situé à 1 % de 2010 à 2015, année où il l’a réduit à deux reprises pour l’amener à 0,50 %, pas loin de son plancher historique.

La Banque du Canada continue de s’inquiéter de la situation des ménages canadiens, dont les niveaux d’endettement n’ont cessé de croître au cours des ans. Cette observation de la Banque survient alors que la région de Vancouver tente de limiter les conséquences de la forte hausse des prix de l’immobilier, le gouvernement de la Colombie-Britannique ayant à ce sujet annoncé en juillet une taxe de 15 % sur les transactions faites par des étrangers.

« Bien que l’on observe des signes préliminaires d’une modération possible sur le marché du logement à Vancouver, les vulnérabilités financières associées aux déséquilibres dans le secteur des ménages demeurent élevées et continuent à s’accentuer », a noté la banque centrale.

1 commentaire
  • Nicole Ste-Marie - Abonnée 8 septembre 2016 12 h 27

    Le exportations ...

    Avec les austérités êtes-vous surpris ?