Enbridge achète Spectra Energy

Photo: Jonathan Hayward La Presse canadienne

Le géant canadien des hydrocarbures Enbridge a annoncé mardi son intention d’acheter la firme américaine Spectra Energy par l’entremise d’une transaction amicale tout en actions évaluée à 37 milliards.

Le regroupement créerait la plus grande société d’infrastructures énergétiques en Amérique du Nord et une des plus grandes sociétés du secteur de l’énergie au monde, avec une valeur combinée d’environ 165 milliards.

L’entente augmenterait en outre l’exposition de la société de Calgary aux activités liées au gaz naturel, ainsi que sa portée à travers le continent, a estimé mardi le chef de la direction d’Enbridge, Al Monaco, lors d’une conférence téléphonique avec des analystes.

« Il s’agit d’une opération transformationnelle pour les deux sociétés qui permet d’atteindre une envergure, une diversité et une souplesse financière sans égales grâce à de nombreuses plateformes pour la croissance interne », a affirmé M. Monaco, qui sera le président et chef de la direction de la nouvelle entité.

L’entente apporte une diversité bien plus importante aux deux entreprises, a souligné l’analyste Dirk Lever, de la firme AltaCorp Capital.

« Enbridge était beaucoup plus une société liée au pétrole et Spectra, au gaz naturel. En les regroupant, elles sont équilibrées », a jugé M. Lever.

Si l’entente est conclue, comme prévu, au début de l’an prochain, Spectra ajoutera ses 140 800 kilomètres de gazoducs à ceux d’Enbridge, pour un total de 165 600 kilomètres. Spectra regroupera aussi ses 2720 kilomètres de pipeline de liquides aux 27 260 kilomètres que détient déjà Enbridge.

Selon M. Lever, la résistance à laquelle les entreprises canadiennes et américaines se heurtent pour les nouveaux projets de pipelines a forcé les entreprises à se tourner vers les fusions et acquisitions pour croître.

« Il y a eu un énorme recul en raison des groupes qui se sont exprimés contre les pipelines », a-t-il noté, malgré l’importance de ces infrastructures.

Enbridge doit affronter depuis plusieurs années une féroce opposition à son projet Northern Gateway, évalué à 7,9 milliards. De grands groupes de manifestants tentent actuellement d’empêcher la construction du projet Dakota Access, aux États-Unis, dans lequel Enbridge est en train d’investir.

TransCanada — qui a rencontré une forte opposition à son projet de pipeline Keystone XL avant qu’il soit rejeté par le gouvernement américain et qui fait face à une opposition soutenue pour le projet Énergie Est — a choisi d’acquérir Columbia Pipeline Group pour 13 milliards $US, plus tôt cette année, pour étendre son réseau.

Compte tenu du coût et des échéanciers de ces grands projets d’infrastructures, a expliqué M. Lever, les entreprises veulent augmenter leur envergure pour répartir le risque et augmenter les occasions stratégiques.

« Les entreprises découvrent qu’elles ont accès à un plus grand nombre de stratégies si elles se regroupent, et il y a davantage d’occasions stratégiques en faisant cela qu’en construisant de nouveaux pipelines qui peinent à aller de l’avant », a-t-il observé.

« Pour l’énergie, les infrastructures sont si importantes et la taille des problèmes qui doivent être réglés est si grande, qu’il est plus probable que nous observions davantage de fusions à l’avenir », a estimé M. Lever.

Selon M. Monaco, les entreprises devront voir quels désinvestissements pourraient être exigés des autorités réglementaires, mais il ne voit pas beaucoup de recoupements entre les activités de Spectra Energy et celles d’Enbridge.

Enbridge prendrait en charge la dette d’environ 22 milliards de Spectra. Selon M. Monaco, la nouvelle entité pourrait vendre pour environ 2 milliards d’actifs jugés non essentiels au cours de la prochaine année.

En vertu de l’entente, les actionnaires de Spectra Energy recevraient 0,984 action de la nouvelle entreprise pour chacune des actions ordinaires qu’ils détiennent. En fonction du cours de clôture des actions d’Enbridge vendredi, cela équivaut à 40,33 $ par action de Spectra, ce qui représente une prime d’environ 11,5 % par rapport au cours de clôture du titre de Spectra, vendredi.


 
2 commentaires
  • Denis Paquette - Abonné 6 septembre 2016 09 h 59

    quelle tête carrée

    tien tien comme ils se rendent compte que les anméricains ne sont pas chauds chauds pour le pétrole canadien, ils en achetent les outils, interessant que ces deux pays aient des approches opposées, si les américains ont decidé d'y aller doucement avec le petrole , le Canada fait tout a fait le contraire , voila la resistance d'un ex pays anglo-saxons et insulaire, enfin quand je dis ex, c'est du moins en apparence, si les anglais ont créer en parti la civilisation ne sont ils pas en train de détruire la planète, existe- t-il sur terre un pays si réticent aux changements

  • Denis Paquette - Abonné 6 septembre 2016 22 h 56

    Aie! ti pit, tu ne l'avais pas vu celle la

    c'est l'artillerie lourde qui s'en vient ,Justin vient de perdre sa gageure de faire un meilleure pays, les américains n'ont ils pas la coutume de transférer leur probleme,je suis sur que justin n'y a rien vu , est-ce que vous pensez qu'Omaba ne savait pas, comment appelle t-on ce type de passe, etre rouler dans la farine