Surplus des stocks de porc et hausse du dollar canadien - L'excédent de la Coopérative fédérée chute de 53 %

Des surplus mondiaux de stocks dans le secteur porcin et une augmentation rapide de la valeur du dollar canadien ont provoqué une chute de 53 % de l'excédent d'exploitation avant ristournes à la Coopérative fédérée de Québec au cours de l'exercice financier terminé le 1er novembre 2003.

Cet excédent est donc passé de 42,48 millions en 2002 à 26,13 millions l'an dernier en dépit du fait que les ventes ont augmenté de 2,48 milliards à 2,75 milliards. La filiale Olymel, de laquelle relève le secteur porcin, a déclaré des ventes de 1,87 milliard en comparaison de 1,69 milliard au cours de l'exercice précédent. Cette situation de perte a eu des répercussions tant sur les ristournes aux membres que sur les employés.

Les ristournes sont en effet passées de 17,2 millions à 8,2 millions. La Fédérée a aussi décidé en cours d'année de réviser à la baisse pour l'ensemble de ses divisions et filiales ses investissements en immobilisations, qui se sont tout de même élevés à 35,4 millions. En outre, la rationalisation qu'il a fallu effectuer dans le secteur porcin a entraîné l'élimination de 452 emplois. Le nombre d'employés a baissé pour la première fois depuis plusieurs années, passant de 10 096 à 9644.

Cela ne comprend évidemment pas l'annonce récente de la fermeture de l'usine de Princeville, où 381 emplois seront éliminés, même si la plupart de ces employés pourront continuer de travailler à d'autres usines d'Olymel si cela leur convient. Le cas de Princeville n'est toutefois pas relié au surplus de stocks de l'an dernier. La fermeture s'impose parce que la demande a cessé d'augmenter et par le fait que le moratoire sur la production porcine au Québec est maintenu pour au moins une autre année.

En ce qui concerne l'impact du taux de change sur le secteur porcin, la Fédérée a pu limiter les dégâts en ayant recours à divers instruments financiers dérivés pour les transactions en dollars américains et en yens pour des sommes équivalant à 910 millions $CAN.

Les résultats à la hausse dans les autres divisions du groupe, notamment celle des pétrole Sonic, qui a connu sa meilleure année, ont contrebalancé pour donner un résultat global positif des excédents.

Gel du régime d'investissement coopératif

Les quelques centaines de délégués qui assistaient hier à l'assemblée annuelle de la Fédérée ont toutefois semblé beaucoup plus préoccupés par la question du régime d'investissement coopératif, gelé à Québec depuis l'arrivée du gouvernement Charest et qui n'a jamais été appliqué à Ottawa. Et ce, du moins jusqu'à maintenant car les délégués qui recevaient à dîner hier soir le nouveau ministre de l'Agriculture ont voté à l'unanimité une résolution priant le gouvernement fédéral d'adopter cette mesure dans le prochain budget du ministre des Finances.

Sur un plan beaucoup plus dramatique et personnel, un délégué de la région de Nicolet a exprimé son désarroi, les sanglots dans la gorge, devant les ravages causés par les citadins qui envahissent le milieu rural pour cultiver la marijuana, avec des conséquences néfastes pour les enfants des producteurs entraînés dans ce commerce qui conduit à des actes criminels multiples. Ce témoignage a laissé complètement pantois Georges Farrah, secrétaire parlementaire du ministre de l'Agriculture et chargé du dossier des coopératives, qui a semblé tout aussi démuni que son interlocuteur.