Le syndicat dépose un préavis de grève

Le préavis, qui entrera en vigueur dimanche soir à 23 h 59, survient à quelques heures de l’expiration d’un mandat de grève voté en juin.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le préavis, qui entrera en vigueur dimanche soir à 23 h 59, survient à quelques heures de l’expiration d’un mandat de grève voté en juin.

Le syndicat des employés de Postes Canada a déposé jeudi après-midi un préavis de grève de 72 heures, mais optera pour des moyens de pression plutôt qu’un débrayage, a-t-il indiqué, en privilégiant d’abord le refus d’effectuer des heures supplémentaires.

Le préavis envoyé au négociateur en chef de Postes Canada, qui entrera en vigueur dimanche soir à 23 h 59, est survenu à quelques heures de l’expiration d’un mandat de grève voté en juin et marque le déclenchement potentiel d’un 21e conflit en près de 50 ans.

Selon le Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes (STTP), qui représente 50000 des 64000 employés de la société, la ministre du Travail, MaryAnn Mihychuk, a demandé aux deux parties mercredi soir de prolonger de 24 heures « l’échéance relative aux négociations », mais Postes Canada a refusé. Le préavis de grève a été envoyé pour l’unité de négociation des services urbains, qui compte 42 000 membres.

La demande ministérielle de prolonger l’échéance de 24 heures était « une intervention de dernière minute du gouvernement pour éviter un conflit de travail et, bien entendu, nous avons accepté », a dit dans un communiqué le président national du STTP, Mike Palecek.

« Nous sommes prêts à retirer notre préavis de grève si Postes Canada accepte une prolongation de l’échéance. Nous voulons parvenir à une convention collective négociée librement, sans interruption du service public que nous sommes fiers d’assurer à la population du pays », a dit M. Palecek. Le syndicat accuse Postes Canada d’être rigide dans ses demandes, notamment sur les compressions et le régime de retraite. La société d’État n’a pas immédiatement réagi à l’annonce.

Le premier moyen de pression évoqué dans le préavis stipule que les employés ne feront aucun temps supplémentaire, de « façon rotative, par province et territoire ». Le document transmis au Devoir ajoute que « toute action jugée hostile à l’endroit des membres ou du Syndicat pourra entraîner des actions de grève plus importantes ».

Jeudi matin, le gouvernement fédéral avait annoncé la nomination rapide d’un « médiateur spécial » pour dénouer l’impasse.

Régime de retraite

Parmi les grands enjeux, selon le STTP, figure l’équité salariale des employés ruraux et suburbains, ce que Postes Canada ne voit pas comme un problème. De son côté, l’employeur souhaite que tous les nouveaux employés soient soumis à un régime de retraite à cotisations déterminées. Comme bien d’autres sociétés, Postes Canada affirme que l’actuel régime à prestations déterminées est devenu un fardeau et qu’il s’accroît plus vite que l’entreprise elle-même. Son déficit de solvabilité, qui désigne les sommes à débourser si Postes Canada ferme ses portes, était de 8,1 milliards au mois de juin.

Le syndicat préfère plutôt évaluer la santé du régime en s’appuyant sur une base de continuité (sa capacité d’honorer ses obligations à long terme), comme l’a fait l’an dernier le gouvernement du Québec avec l’adoption du projet de loi 57. Au 31 décembre 2015, l’excédent sur une base continue était de plus d’un milliard.

Par ailleurs, le syndicat a affirmé dans une communication aux membres mercredi soir que Postes Canada « veut pouvoir fermer les 493 comptoirs postaux protégés où travaillent des membres du STTP, ce qui éliminerait jusqu’à 1200 emplois à plein temps ».

Les deux parties ont élagué leurs demandes au milieu de la semaine, un effort découlant d’une demande des médiateurs visant à trouver le début d’un terrain d’entente. Postes Canada a longtemps affirmé avant cela que les demandes syndicales se chiffraient à environ un milliard de dollars.

2 commentaires
  • Jean-Yves Arès - Abonné 25 août 2016 18 h 31

    «mais optera pour des moyens de pression plutôt qu’un débrayage»


    Pour ceux qui utilisent le service, mais qui ont d'autres options, la possibilité qu'une grève intervienne n'importe quand déclasse le choix de Poste Canada pour cause de l’incertitude qui plane.

    Du coté de l’employeur les revenus suivent la courbe descendante du volume d’affaire, mais pas les dépenses salariales. La pression est juste d’un bord, c’est ce qu’un lockout corrige.

    La seule incertitude qui reste c’est quelle intervention va faire le gouvernement ?

    La présente direction de Poste Canada fait un travail impeccable, et je ne vois pas comment le gouvernement pourrait en juger autrement. Le parti Libéral a gagner ses élections en bonne partie pour avoir affirmer vouloir jouer généreusement au Père Noël avec un peu tout le monde. Là les employés de Poste Canada ce n’est pas tout le monde, on est dans la sphère privée des employés du parapublic, et toute la fonction publique fédérale doit avoir un œil attentif sur le déroulement du conflit pour voir quels gains elle pourra réclamée elle aussi.

  • Jean-Guy Mailhot - Inscrit 26 août 2016 15 h 25

    Maxime Bernier peut régler votre problème.

    N'angoissez pas trop avec la situation actuelle M. Arès. Si les canadiens défont les Libéraux à la prochaine élection fédérale, le problème que vous dénoncez sera réglé.

    Les Conservateurs avec Maxime Bernier par exemple, veulent privatiser Postes Canada. Alors le syndicat sera dans le trouble, le nombre d'employés syndiqués va beaucoup diminuer voire disparaitre, et les salaires vont descendre beaucoup ( vers $18/h selon ce que les Conservateurs ont consenti au nouveaux et futurs employés du système postal canadien ).

    De plus M. Deepak Chopra le p.d.g., que M. Harper a mis à la direction de Postes Canada ( et à qui Trudeau a demandé la démission, ce que M. Chopra a refusé ) va fermer tous les comptoirs postaux au pays. Fini les petits bureaux avec leur drapeau, et les emplois vont être donnés enfin au privé dans les dépanneurs.

    Actuellement ça coûte très cher à Postes Canada de desservir les communautés canadiennes hors des grands centres. Des compagnies comme Fedex n'y vont pas, et envoient leurs colis pour ces destinations à Postes Canada pour les livrer à leur place.

    Probablement que vous trouvez injuste que les profits de Postes Canada soient diminués pour desservir des lieux à faible densité de population, comme Fermont, des coins de l'Abitibi, la gaspésie-Iles-de-la madeleine, etc. Tout ça va changer avec Maxime Bernier, un beauceron en plus.