À la croisée des chemins

Postes Canada a déjà affirmé que la société ne serait pas en mesure de fonctionner dans le cas d’un arrêt de travail.
Photo: Michaël Monnier Le Devoir Postes Canada a déjà affirmé que la société ne serait pas en mesure de fonctionner dans le cas d’un arrêt de travail.

Maintenant que les parties ont élagué certaines demandes, affirme le Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes (STTP), la journée de jeudi marque un point crucial dans les négociations, car le mandat de grève voté en juin expire en fin de soirée.

La croisée des chemins survient deux jours après que le président national du STTP, Mike Palecek, et celui de Postes Canada, Deepak Chopra, se sont rencontrés en présence de la ministre du Travail et qu’ils ont dressé, à la demande des médiateurs, la liste des points jugés essentiels afin de dénouer l’impasse.

« Nous sommes un peu surpris du contenu de ce que Postes Canada veut absolument aborder », a dit un porte-parole du STTP, Yannick Scott. « Nous évaluons l’ensemble des moyens que nous pourrions utiliser ou pas à partir de jeudi. »

Le syndicat a prévu une conférence de presse jeudi matin afin de fournir une « mise à jour » sur les négociations. Invitées à détailler la préparation en vue d’un possible arrêt de travail, les communications de Postes Canada ont indiqué par courriel que « nous serons en mesure de répondre suite à la conférence de presse du syndicat ».

Le STTP, qui représente 50 000 des 64 000 employés de la société d’État, se dit ouvert à poursuivre les discussions, mais il se trouve maintenant devant plusieurs options, dont celles-ci :

- déposer d’ici minuit un préavis de 72 heures concernant le déclenchement d’une grève ;

- laisser le mandat expirer, et ensuite effectuer une nouvelle consultation auprès des membres afin de renouveler le mandat ;

- prolonger le mandat de grève avec la bénédiction de Postes Canada, ce que la société d’État ne semble pas prête à faire.

Postes Canada a déjà affirmé que la société ne serait pas en mesure de fonctionner dans le cas d’un arrêt de travail.

Un des gros points d’achoppement concerne la demande patronale de soumettre les nouveaux employés à un régime de retraite à cotisations déterminées (CD), alors que les anciens employés conserveraient leurs acquis du régime de retraite à prestations déterminées.

De manière générale, les syndicats n’aiment pas les régimes CD car ils n’offrent aucune garantie en définitive du fait que le capital accumulé évolue en fonction des rendements des marchés. Les employeurs qui migrent vers des régimes CD font souvent valoir que les régimes PD sont trop lourds sur les finances de l’entreprise.

Déficit

Le clivage entre les deux parties est frappant. Lors de la réunion annuelle de Postes Canada, vendredi dernier, la direction a profité de sa tribune pour affirmer que le déficit de solvabilité du régime atteignait désormais 8,1 milliards (30 juin 2016), en forte hausse par rapport aux 6,1 milliards du 31 décembre 2015. Le directeur des finances a dit que la société d’État fait face à « un régime de retraite dont les obligations sont disproportionnées par rapport à l’entreprise elle-même et par rapport aux profits et flux de trésorerie que l’entreprise peut générer ».

L’évaluation d’un régime sur la base de solvabilité repose sur les sommes à débourser dans l’éventualité d’une fermeture subite de la société. Sur une base de continuité, le régime présentait un excédent de 1,2 milliard au 31 décembre.

Postes Canada est aux prises avec une chute des volumes de lettres depuis des années, alors que la demande de livraison de colis augmente en raison du commerce en ligne. En 2015, ses revenus ont été stables à 8 milliards, lesquels ont généré un bénéfice net de 99 millions, deux fois moins qu’en 2014.

Dans ses demandes, le STTP inscrit également l’équité salariale des employés ruraux et suburbains. La direction affirme qu’un tel enjeu n’existe pas. La semaine dernière, la direction de la société chiffrait à un milliard de dollars l’ensemble des demandes syndicales.

2 commentaires
  • Jean-Yves Arès - Abonné 25 août 2016 09 h 37

    Les régimes de retraite à prestations déterminées, encore et toujours


    Aux dires même de Serge Cadieux, secrétaire général de la FTQ, dans une lettre ouverte de juin 2015 dans La Presse, les régimes à prestations déterminées concernent un travailleur sur cinq au Québec.

    Les 4 autres eux doivent non seulement faire avec les réalités économiques telles qu'elle sont, mais sont obligés de contribuer, par leur taxes leurs impôts et consommation de services privés et parapublic comme Poste Canada, de contribuer a renflouer ces régimes de retraites qui ne sont pas les leurs.

    Cette lettre est d'ailleur que trop bien chapeautée par un dessin d'enfants en train de cueillir au filet des pallions-dollar...

    Le message est clair l'argent tombe du ciel, il suffit d'avoir des lois qui permettent de nous donner l'exclusivité de les ceuillir. Sauf que dans la réalité ce n'est du ciel qu'ils viennent ces $, c'est nécessairement des autres citoyens.

    La lettre a aussi d'intérssant que monsieur Cadieu y appaudit l'assouplissement de la façon d'évaluer les régime de retraite a prestations déterminées que Québec accorde. Le cas ici Poste Canada avec sa différences d'évaluations que l'on peut faire démontre bien la ''légèreté'' de la précission de ces méthodes, 9.3 milliards$ sépare les deux ! !

    En fait l'écart démontre surtout la responsabilité de chacun. L'employeur lui voit l'ensemble des scénarios que peuvent entrainer es engaments, coté employé on table a ce que la périnité des promesses soit protégées non seulement par l'employeur, mais les gouvernements force les employeurs a les maintenir au risque de leur propre santé financière, et que eux mêmes ces gouvernements les prennent a charge ces régimes en cas de trouble majeur de l'économie, comme c'est arriver en 2009.

    Et les gouvernements c'est l'ensemble des citoyens, on peut donc dire haut et fort qu'on a bel et bien un régime de caste au sein de la population canadienne.

    Contrairement à ce que la charte dit, les citoyens canadiens ne sont pas égaux dans les faits.