Les PME préfèrent Desjardins aux banques

Au Québec, Desjardins devient un cas unique en occupant une position dominante sur le marché des PME de 42,6 %.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Au Québec, Desjardins devient un cas unique en occupant une position dominante sur le marché des PME de 42,6 %.

Plusieurs banques ont perdu du terrain sur le marché des PME au profit, notamment, des coopératives d’épargne et de crédit. Au Québec, Desjardins poursuit sa domination, quoique son positionnement se soit effrité quelque peu.

Les données viennent de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante. La FCEI définit l’expression « part de marché » par le nombre d’entreprises faisant affaire avec les établissements financiers. À l’échelle canadienne, une lecture remontant à 1989 fait ressortir une longue érosion du poids des banques Royale, CIBC et, dans une moindre mesure, de Montréal, au profit des banques Scotia, TD et, surtout, des coopératives d’épargne et de crédit.

Toujours à l’échelle canadienne, RBC domine dans le segment des PME avec une part de marché se situant à 18,5 % en 2015, en recul de 2,7 points de pourcentage depuis 2000, mais après avoir dépassé les 25 % au début des années 1990. De son côté, la CIBC a perdu plus de la moitié de sa part depuis 1989, alors qu’à l’inverse, celle des coopératives a plus que doublé.

Sur un intervalle plus court, « de 2000 à 2015, certaines institutions ont enregistré d’importantes pertes de parts de marché, à savoir la CIBC (–3,5 points de pourcentage), la Banque Royale (–2,7 points) et la Banque de Montréal (–1,9 point) », précise la FCEI. À l’opposé, « depuis 2000, les parts de la Banque Scotia et de TD Canada Trust ont bondi de 6,7 et de 4,4 points de pourcentage respectivement, et celle des coopératives a progressé de 2,8 points ».

Selon le classement canadien, la Royale restait en 2015 au premier rang avec 18,5 % du marché des PME, devançant la Scotia (17,9 %) et TD Canada Trust (16,5 %). Suivent les coopératives, avec un poids de 11,5 %, devant celui de la Banque de Montréal (10,7 %) et de la CIBC (9,8 %).

Concentration

Par grandes régions, « certaines institutions financières sont également bien représentées dans leurs marchés principaux ». Au Québec, Desjardins devient un cas unique en occupant une position dominante sur le marché des PME de 42,6 %, laissant loin derrière la Banque Nationale (17,4 %), au deuxième rang. En Alberta, c’est le cas d’ATB Financial (19,7 %), qui limite son action à cette province. Les coopératives d’épargne et de crédit sont les plus populaires au Manitoba et en Saskatchewan (39,2 % dans ces deux provinces) ainsi qu’en Colombie-Britannique (23 %), a ajouté la FCEI.

En Ontario, la TD (24,1 %) puis la Scotia (20,5 %) et la RBC (20,1 %) occupent la tête, les coopératives ne revendiquant qu’une part de 7,7 %. Dans l’Atlantique, la Scotia domine largement (33 %) alors qu’au bas du classement, les caisses populaires n’obtiennent qu’une part de 2,9 %.

Autre élément d’intérêt, la domination de Desjardins au Québec s’est légèrement érodée, de 1,8 point de pourcentage depuis 2012, au profit des banques, à l’exception de la TD.

Quant au degré de concentration, il varie d’une région à l’autre. Dans l’Atlantique, une PME sur deux fait affaire avec la Scotia et RBC. Au Québec, six sur dix s’en remettent à Desjardins et à la Banque Nationale. En Ontario, trois banques se partagent près des deux tiers du marché des PME.

Ces données reflètent les résultats d’un sondage effectué auprès de 11 400 répondants. La marge d’erreur est de plus ou moins 0,9 point de pourcentage, 19 fois sur 20.