Postes Canada: les coûts au coeur de la réunion annuelle

Le mandat de grève du STTP est valide pendant 60 jours et vient à échéance le 25 août.
Photo: David Afriat Le Devoir Le mandat de grève du STTP est valide pendant 60 jours et vient à échéance le 25 août.

Alors que le mandat de grève vient à échéance le 25 août, la direction de Postes Canada se montre inflexible dans son désir de mettre en place un régime de retraite à cotisations déterminées pour les nouveaux employés, un enjeu majeur des négociations. Ottawa demande aux parties de poursuivre les discussions avec le Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes (STTP) et d’éviter un arrêt de travail.

Lors de la réunion annuelle combinant portrait des finances, perspectives et période de questions, la direction de la société d’État a annoncé que le déficit de solvabilité du régime de retraite à prestations déterminées a grimpé à 8,1 milliards au 30 juin comparativement à 6,1 milliards au 31 décembre 2015.

« Notre entreprise continuera de faire face à un régime de retraite dont les obligations sont disproportionnées par rapport à l’entreprise elle-même et par rapport aux profits et flux de trésorerie que l’entreprise peut générer », a dit le directeur des finances, Wayne Cheeseman, lors de la présentation des états financiers. « Le régime de retraite s’accroît plus vite que Postes Canada. »

Le déficit de solvabilité désigne les sommes qui devraient être déboursées si Postes Canada fermait ses portes demain matin. Sur une base de continuité, cependant, la société d’État a déjà indiqué qu’au 31 décembre 2015, le régime affichait un excédent de 1,2 milliard.

En 2015, Postes Canada a enregistré un chiffre d’affaires de 8 milliards, en très légère hausse et presque identique à 2014, et un bénéfice net de 99 millions, deux fois moins que l’année précédente. La société est aux prises avec une chute du volume de lettres, mais connaît une croissance du nombre de colis en raison du commerce électronique.

Lorsqu’une employée a affirmé que le régime affiche un excédent sur une base continue, la direction de Postes Canada a répondu qu’elle « comprend que le régime est important pour les employés », mais qu’il est devenu trop gros. La société a instauré un régime à cotisations déterminées pour ses cadres en 2010 et a fait la même chose avec les membres de l’Alliance canadienne de la fonction publique, a indiqué la direction en réponse à une question.

La mention des coûts de retraite a semblé irriter le président national du STTP, Mike Palecek. « Vous avez dit que la réunion annuelle ne serait pas le lieu indiqué pour poser des questions liées aux négociations, mais ça ne vous a pas empêché d’aborder des sujets de négociation, comme la retraite et les coûts des avantages sociaux, a-t-il dit au micro. M. Cheeseman a omis de dire que les coûts de main-d’oeuvre sont en baisse et que les revenus totaux sont à la hausse. »

M. Palecek a ensuite reproché à la direction l’absence d’explication au sujet du calcul menant à son estimation d’un milliard pour les demandes syndicales. « Selon vous, combien va coûter l’équité salariale pour les employés ruraux et suburbains ? » a-t-il demandé. « Nous ne croyons pas qu’il y a un problème d’équité salariale », a répondu Jacques Côté, président de groupe pour le réseau de livraison physique et chef intérimaire des activités commerciales. « Et pour notre estimation d’un milliard, nous sommes certains de ce chiffre. »

Ottawa veut éviter un conflit

Le gouvernement fédéral a demandé à Postes Canada et au syndicat de ses travailleurs vendredi matin d’en venir à une entente de convention collective qui ne serait pas précédée par un arrêt de travail.

Dans un bref communiqué, le président du Conseil du trésor, Scott Brison, a dit avoir rencontré les dirigeants de la société d’État et du STTP pour les « encourager à demeurer à la table de négociation ».

« Je leur ai rappelé que des médiateurs fédéraux sont disponibles pour les aider et continuent de les appuyer dans leurs négociations », a dit M. Brison. Indisponible pour des raisons personnelles vendredi, la ministre du Travail, MaryAnn Mihychuk, « continue à surveiller la situation de près », a-t-il ajouté.