Londres veut punir les conseillers qui facilitent l’évasion fiscale

Les avocats et les cabinets de conseil, incontournables à la City de Londres, ont un rôle essentiel auprès des grands groupes ou des particuliers fortunés. 
 
Photo: Justin Tallis Agence France-Presse Les avocats et les cabinets de conseil, incontournables à la City de Londres, ont un rôle essentiel auprès des grands groupes ou des particuliers fortunés. 
 

Londres — Le gouvernement britannique entend durcir la répression contre l’évasion fiscale en ciblant les cabinets d’avocats et autres consultants qui l’encouragent et qui pourraient risquer de lourdes amendes, selon des propositions soumises à consultation publiées mercredi.

Le HMRC (Her Majesty’s Revenue and Customs), la direction des impôts britannique, veut sévir contre tous ceux qui « rendent possible ou utilisent des systèmes d’évasion fiscale », selon le document en consultation publié sur son site Internet. Sont ainsi visés les avocats ou les cabinets de conseil, incontournables à la City de Londres, qui ont un rôle essentiel auprès des grands groupes ou des particuliers fortunés. La principale mesure consisterait à leur infliger une amende équivalente au montant de la somme qui a échappé au fisc.

« L’évasion fiscale prive d’argent les services publics » et ceux qui l’encouragent « doivent en supporter les risques et les coûts », écrit dans le document Janes Ellison, secrétaire d’État au Trésor. La consultation doit durer jusqu’à mi-octobre et pourrait par la suite déboucher sur une loi.

Cette nouvelle initiative survient dans un contexte international marqué par le récent scandale des Panama Papers, qui a éclaboussé jusqu’à l’ancien premier ministre britannique David Cameron qui avait dû admettre qu’il avait détenu des parts dans la société offshore de son père, décédé en 2010. Arrivée au pouvoir en juillet, sa successeure conservatrice Theresa May s’est fortement engagée à lutter contre l’évasion fiscale. Elle tient aussi un discours plus offensif contre les grandes entreprises dont elle veut brider les excès, et semble en outre vouloir confier un plus grand rôle à l’État en matière économique.

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