Ouverture du procès au Delaware - Le match entre Hollinger International et Conrad Black se poursuit en cour

Wilmington — Les avocats du baron de la presse Conrad Black et des membres du conseil d'administration qui l'ont expulsé de la tête de son empire médiatique se sont affrontés hier au début du procès qui pourrait être déterminant pour l'avenir de la compagnie.

La bataille s'est engagée lorsque le président du conseil et chef de la direction par intérim de Hollinger International, Gordon Papis, a affirmé n'avoir vu aucune preuve voulant que le conseil ait approuvé des paiements de plusieurs millions de dollars à Black.

L'enjeu du procès est de déterminer si Black peut vendre sa participation contrôlante dans la compagnie à des investisseurs étrangers, ou si le conseil peut bloquer cette vente et aller de l'avant avec son propre plan de ventes d'actifs, lesquels comprennent le Daily Telegraph britannique et le Chicago Sun-Times.

L'avocat de Hollinger International, Martin Flumenbaum, a questionné Gordon Paris à propos de son implication au sein de la compagnie à l'ouverture du procès, tenu dans un tribunal du Delaware. «Dans ce que j'ai vu, il n'y a rien qui fait état d'approbations», a laissé tomber Gordon Paris.

Dans la bataille légale entre les deux parties, il s'agit de la première poursuite à se déplacer en cour.

Black a quitté son poste de chef de la direction en novembre après que l'éditeur de Chicago eut affirmé avoir découvert des paiements non autorisés qui auraient été faits à lui et à certains de ses associés. Black affirme n'avoir rien fait de mal.

Black devrait être appelé à témoigner au cours du procès de trois jours. Les autres témoins pourraient inclure la banque d'investissements Lazard LLC, qui gère la vente éventuelle des actifs de la société.

Le procès se déroule au Delaware car Hollinger International, comme beaucoup de sociétés américaines, est incorporée dans cet État. L'affaire est entendue par le vice-chancelier Leo Strine, qui a présidé d'autres cas hautement médiatisés, comme la bataille suivant l'offre d'achat hostile déposée par Oracle sur PeopleSoft.

Conrad Black fait aussi face à une poursuite distincte déposée par Hollinger International devant la Cour fédérale de Chicago, qui l'accuse — ainsi que ses associés — d'avoir détourné plus de 200 millions de la compagnie pour eux-mêmes.

La compagnie a expulsé Black le mois dernier de son poste de président du conseil d'administration. Le lendemain, Black a annoncé son intention de vendre sa participation dans la société mère de Hollinger International, la torontoise Hollinger, à des hommes d'affaires britanniques, les frères David et Frederick Barclay.

D'après Hollinger International, cette transaction avec les Barclay n'est pas dans le meilleur intérêt des actionnaires minoritaires.

Le tribunal du Delaware devrait rendre son verdict d'ici la fin février, avant que l'offre des Barclay pour Hollinger n'expire, soit le 3 mars.