Mise en place d'une politique nationale de l'aéronautique - Ottawa prête l'oreille à Bombardier

Ottawa prête une oreille sympathique aux derniers appels à l'aide du géant canadien de l'aéronautique, Bombardier.

«En tout respect pour les processus décisionnels qu'il faut suivre au gouvernement, je dois vous dire que j'accueille favorablement [cet appel] et que nous sommes à regarder ce que nous pouvons faire pour agir en partenariat avec Bombardier», a déclaré Lucienne Robillard, ministre de l'Industrie, hier à Montréal.

La veille, le président-directeur général de Bombardier, Paul Tellier, avait pressé Ottawa de mettre en place une politique nationale de l'aéronautique qui viendrait en aide à l'industrie en matière de conception, de construction mais surtout de commercialisation de nouveaux produits. Vantant les programmes britanniques de financement à l'exportation, il n'avait pas caché que son entreprise envisageait la possibilité d'installer en Irlande, plutôt qu'au Canada, l'usine de construction de ses futurs appareils de 100 places et plus.

Interrogée en marge du dévoilement d'une étude couronnant le Canada comme pays développé le moins coûteux pour les entreprises, la ministre Robillard a refusé d'en dire plus sur le type d'aide qui pourrait être apporté à la multinationale. Elle a rappelé qu'Ottawa a récemment ajouté 1,2 milliard au fonds destiné à fournir aux constructeurs des garanties de prêts lors de ventes à l'étranger.

À défaut d'être plus précise, elle s'est également montrée sensible aux plaintes de Bombardier selon lesquelles les programmes d'aide à l'exportation ne lui sont d'aucun secours dans sa lutte contre son concurrent brésilien Embraer pour la vente de nouveaux appareils à Air Canada. «Le dossier est sous analyse à l'heure actuelle au sein du gouvernement, a-t-elle déclaré à ce sujet aux journalistes. Et soyez assurés que nous avons toujours été un partenaire de Bombardier et qu'on espère l'être dans le futur aussi.»