Kraft Heinz demande le maintien d’un crédit d’impôt

Au cours des six premiers mois de 2016, Kraft Heinz, présente dans plus de 40 pays, a enregistré des revenus de 13,4 milliards et un bénéfice net de 1,9 milliard.
Photo: Gene J. Puskar Associated Press Au cours des six premiers mois de 2016, Kraft Heinz, présente dans plus de 40 pays, a enregistré des revenus de 13,4 milliards et un bénéfice net de 1,9 milliard.

La disparition prochaine d’un crédit d’impôt à l’investissement pour l’achat de matériel manufacturier dans les grands centres semble préoccuper le géant Kraft Heinz, qui veut s’adresser au gouvernement québécois afin d’obtenir un prolongement.

La société agroalimentaire, dont l’usine de la ville de Mont-Royal produit notamment du fromage Philadelphia et du beurre d’arachide, s’est inscrite au Registre des lobbyistes du Québec cette semaine en signalant son intention de contacter le personnel d’encadrement de l’Agence de revenu et du ministère des Finances.

« Nous demandons un prolongement du crédit d’impôt à l’investissement du Québec, qui atteint habituellement 4 % des investissements de l’entreprise [Kraft Heinz Canada] en matériel de production et de transformation [pour les années suivant 2016] »,indique l’entrée au Registre.

La direction des communications de Kraft Heinz, aux États-Unis, n’a pas voulu faire de commentaires.

Lors de l’acquisition de Kraft par Heinz et le groupe brésilien 3G au printemps 2015, Kraft comptait au Québec environ 950 employés. Ceux-ci sont répartis entre la grande usine de Mont-Royal et un centre de distribution à Vaudreuil. Des licenciements ont eu lieu à la fin de l’été 2015, notamment dans les ventes.

Au cours des six premiers mois de 2016, Kraft Heinz, présente dans plus de 40 pays, a enregistré des revenus de 13,4 milliards et un bénéfice net de 1,9 milliard.

Budget 2015

 

La décision de diminuer de 8 % les taux du crédit d’impôt pour les régions éloignées et intermédiaires remonte au budget de mars 2015 du ministre des Finances, Carlos Leitão. Les nouveaux taux entreront en vigueur au 1er janvier 2017 et le programme a été prolongé de cinq ans.

Pour une PME du Bas-Saint-Laurent, par exemple, le crédit passera de 24 % à 16 %. Pour une grande société de la même région, le crédit est présentement de 4 % et il va demeurer à ce niveau.

Or, dans les zones dites centrales, où les petites et grandes sociétés bénéficient de taux de 8 % et 4 % respectivement, la réduction générale de 8 % aura pour effet d’éliminer la mesure complètement dans quatre mois et demi.

Lors de l’annonce de la réduction des taux de crédit, le gouvernement estimait qu’il économiserait 90 millions sur cinq ans, cela permettant du coup de financer une baisse d’impôt des sociétés. Le taux d’impôt passera de 11,9 % à 11,5 % entre 2017 et 2020.

Pour l’instant, le Registre des lobbyistes ne montre aucune autre entreprise désirant s’adresser au gouvernement sur cette question. Cela pourrait changer, selon un expert.

« C’est un crédit d’impôt qui est bien apprécié », a dit lors d’un entretien Denis Langelier, du cabinet comptable PwC. « Le secteur de la fabrication a été affecté par la mondialisation. Pour attirer de l’investissement et maintenir ce qu’on a, ça prend des incitatifs. » Les grands joueurs multinationaux ont cependant le loisir d’investir là où ils veulent, prévient-il. « Et dans les grosses entreprises, les décisions peuvent être un peu plus froides. »

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