Une transaction de 144 millions $US - Les actionnaires de Cinar approuvent la vente au groupe Hirsh

Les actionnaires de Cinar ont approuvé hier la vente de l'entreprise à un groupe d'investisseurs dirigé par le torontois Michael Hirsh, une transaction de 144 millions $US.

Les dirigeants de la maison de production d'émissions pour enfants déposeront demain en Cour supérieure du Québec une requête pour obtenir l'ordonnance finale autorisant la transaction.

Si tout se déroule comme prévu, la clôture devrait avoir lieu autour du 27 février prochain, a affirmé le président du conseil Robert Després, à l'issue de l'assemblée extraordinaire à Montréal.

Les acheteurs de Cinar verseront 3,60 $US en échange de chaque action ordinaire.

En vertu du plan de relance approuvé hier, les investisseurs floués par les scandales financiers ayant secoué la maison de production depuis 2000 se partageront en outre 70 % du produit net des litiges toujours devant les tribunaux. Les 30 % restant serviront à renflouer les coffres de l'entreprise, qui s'est engagée à consacrer cinq millions à sa défense au cours des prochaines années.

Plusieurs conflits

Des mois de négociation intensive ont permis à la maison de production de résoudre à l'amiable plusieurs conflits, dont celui qui l'opposait à ses anciens auteurs et scénaristes. Les poursuites contre les fondateurs, Micheline Charest et Ronald Weinberg, et celles impliquant les deux sociétés Globe-X n'ont toutefois pas été réglées.

Le volumineux dossier de Claude Robinson, qui accuse Cinar de plagiat, demeure aussi en suspens. Présent à l'assemblée, le dessinateur a rappelé que la Gendarmerie royale du Canada (GRC) menait toujours une enquête afin de déterminer s'il y avait lieu de porter des accusations criminelles contre les fondateurs de la société.

Michael Hirsh et ses partenaires Toper Taylor et TD Capital Canadian Equity Partners ont déjà laissé savoir qu'ils avaient l'intention de faire de Cinar une entreprise à capital fermé. Les membres du conseil d'administration et le chef de la direction actuelle, Stuart Snyder, quitteront donc leur poste à la fin du mois.

Hier, l'homme d'affaires américain embauché en septembre 2002 était un peu mélancolique. «Je suis très heureux que nous ayons réussi à compléter la transaction. Mais je suis un peu déçu parce que je n'ai pas eu l'occasion de mener à bout la tâche qu'on m'a confiée», a-t-il expliqué aux médias.

Même si les fondateurs de Cinar lui en ont fait voir de toutes les couleurs au cours des derniers mois, M. Després semble lui aussi quitter son poste à regret. «Nous aurions souhaité développer cette société-là parce qu'avec des gens compétents, nous avions un grand potentiel. Toutefois, c'était le désir des actionnaires de vendre la société et nous avons essayé d'en obtenir le meilleur prix», a-t-il déclaré.

Les investisseurs présents à l'assemblée ont témoigné leur gratitude aux administrateurs et aux dirigeants de Cinar en votant à 99 % pour les deux amendements permettant l'acquisition de l'entreprise par le groupe Hirsh et en applaudissant à la fin de la réunion.

Pour Marie Rousseau, qui se bat depuis des années pour les petits actionnaires de Cinar, l'entente ratifiée hier ne constitue pourtant pas une solution satisfaisante. En fermant le capital de l'entreprise, les nouveaux dirigeants vont nous priver de l'information nécessaire à la compréhension des événements des dernières années, a-t-elle fait valoir. «Perdre de l'argent c'est un des risques quand on investit, mais j'avale difficilement de ne pas connaître la vérité [sur les scandales].»