Bombardier se montre confiant

Le programme d’appareils CSeries, récemment mis en service, commence à générer des revenus, car il passe «vers la production à plein régime», affirme Bombardier.
Photo: Jacques Nadeau Archives Le Devoir Le programme d’appareils CSeries, récemment mis en service, commence à générer des revenus, car il passe «vers la production à plein régime», affirme Bombardier.

Bombardier n’a toujours pas reçu d’appui financier de la part du gouvernement canadien, mais l’entreprise estime que la mise en service des appareils CSeries en Suisse marque un tournant crucial permettant aux clients prospectifs de mieux évaluer les qualités du programme.

Le constructeur aéronautique et de matériel roulant, qui a dévoilé vendredi matin une perte de 490 millions au deuxième trimestre et des revenus en baisse, a profité d’une conférence téléphonique avec les analystes financiers pour marteler le point suivant : le programme CSeries a franchi une étape.

Action en chute

L’action de Bombardier a réagi aux résultats en dégringolant de quelques points de pourcentage, mais s’est reprise en cours de séance. Elle a terminé à 1,98 $, en baisse de 0,5 %, mais son cours a plus que doublé depuis l’hiver dernier, lorsqu’elle était sous la barre des 80 cents.

Selon le président Alain Bellemare, la campagne de vente des appareils CSeries se déroule bien et « le ton a changé », car la récente mise en service de l’avion en Suisse permet aux clients potentiels de bien évaluer sa performance. « Il y avait beaucoup de questions depuis deux ou trois ans, mais nous avons franchi une étape importante car nous avons maintenant deux avions qui sont certifiés. Nous passons du développement à une étape qui permet de générer des revenus », a-t-il dit aux analystes.

Cela dit, les discussions avec le gouvernement fédéral se poursuivent  toujours, a indiqué M. Bellemare, arrivé l’an dernier à un moment où Bombardier était en mauvaise posture et à la recherche de liquidités. « C’est une négociation complexe. Nous verrons où ça nous mènera. Nous tentons de trouver une solution gagnante pour tout le monde. »

L’entreprise montréalaise, qui a livré son premier appareil CSeries à Swiss International Air Lines à la fin du mois de juin, a enregistré des revenus de 4,3 milliards, en baisse d’environ 300 millions par rapport à l’an dernier. La perte nette d’un demi-milliard au cours du trimestre se compare à un bénéfice net de 125 millions l’an dernier.

Pour l’exercice en cours, Bombardier prévoit toujours des revenus de 16,5 à 17,5 milliards, de même qu’un bénéfice de 200 à 400 millions avant intérêts et impôts.

Liquidités de près de 5 milliards

Tout compte fait, l’entreprise affirme maintenant avoir 4,9 milliards de liquidités, notamment grâce à l’appui financier d’un milliard de dollars américains du gouvernement québécois pour prendre 49,5 % du programme CSeries. Investissement Québec a versé un premier montant de 500 millions au début de l’été et la deuxième tranche arrivera en septembre, dit Bombardier.

« Nous continuons à faire d’excellents progrès dans l’exécution de notre plan de redressement, a dit Alain Bellemare. Nous avons respecté nos engagements financiers, atteint les jalons de nos programmes et placé Bombardier pour qu’elle réalise ses prévisions à la fois pour l’exercice et pour 2020. »

Le programme CSeries a reçu deux contrats importants au cours de l’hiver, un provenant d’Air Canada et un autre de Delta. Selon les prix affichés, c’est-à-dire sans tenir compte des rabais qui peuvent être accordés, la commande d’Air Canada est évaluée à 3,8 milliards. Elle porte sur 45 appareils CS300 (130 à 160 passagers) et une option sur 30 appareils de plus.

L’entreprise a reçu jusqu’ici plus de 300 commandes fermes pour les appareils, tous clients confondus.

Cependant, Bombardier a précisé vendredi qu’une commande passée par la société russe de crédit-bail Ilyushin Finance a dû être réduite pour être adaptée « aux besoins actuels de son marché ».

3 commentaires
  • Patrick Daganaud - Abonné 5 août 2016 09 h 04

    Rigolade!

    Ça coûte cher de faire voler un éléphant blanc, même « full techno ».

    Générer des revenus déficitaires est une pirouette budgétaire qui facilite l'envol :
    revenus de 4,3 milliards, en baisse d’environ 300 millions par rapport à l’an dernier.
    Perte nette chiffrée à 490 millions...

    La perte engloutit presque le demi-milliard (américain!) d'apport financier du gouvernement!

  • Claude Smith - Abonné 5 août 2016 09 h 43

    Je ne comprends pas

    Pendant que le gouvernement fédéral n'a pas hésité une seconde à renflouer l'industrie automobile de l'Ontario, pendant que ce même gouvernement n'hésite pas
    à investir des milliards pour soutenir la très polluante industrie des sables bitumineux de l'Alberta et de la Saskachewan, il se traîne les pieds en ce qui concerne Bombardier inc. comme il l'a fait pour le bois d'oeuvre. Ah, j'oubliais, nous avons la péréquation dont nous payons une partie. Super !

    Claude Smith

  • Gilles Théberge - Abonné 5 août 2016 11 h 16

    Peut-être que le fédéral va compredre trop tard que bombardier va s'en sortir quand même son absence.

    Une fois n'est pas coutume, il faut bien qu'ils apprennent à perdre...