Le cas de Michel Vennat sera discuté à la BDC

La Banque de développement du Canada (BDC) tiendra une assemblée de son conseil d'administration aujourd'hui, en matinée. Il y sera question du sort à réserver au président de cette société d'État, Michel Vennat, sévèrement critiqué au début du mois par un juge de la Cour supérieure. Sera également examinée la possibilité d'en appeler de ce jugement ordonnant à la banque de verser environ un million de dollars à François Beaudoin, ex-président de la BDC.

M. Vennat assistera à la réunion, a indiqué le vice-président aux affaires publiques, Jason Moscovitz. «Il s'agit d'une réunion régulière», a-t-il tenu à préciser.

«J'aimerais ajouter qu'on a 30 jours, à compter du 6 février, pour décider si on va en appel ou pas», a ajouté M. Moscovitz.

Quelques heures auparavant, la directrice des communications de la banque, Denise Arab, avait déclaré qu'elle ignorait à quel moment devait avoir lieu la prochaine séance du conseil.

Le 6 février, l'ex-président de la banque, François Beaudoin, a obtenu un jugement en sa faveur quand le juge André Denis, de la Cour supérieure, a ordonné à la Banque de développement du Canada de lui verser le million de dollars auquel il avait droit.

Lors de ce procès, Michel Vennat a été un des 35 témoins entendus pour son rôle joué alors qu'il était président du conseil d'administration de la banque (1998), puis remplaçant de François Beaudoin à la présidence de la BDC (2000).

Dans son jugement, le juge a écrit que M. Vennat avait fait en sorte que la présence du président Beaudoin ne soit plus essentielle aux réunions du conseil, qu'il avait déposé une plainte au criminel contre lui, avait commandé une enquête et redéposé une plainte, sans plus de résultat, et avait également fait mener des perquisitions et des saisies à la résidence de M. Beaudoin, la veille de Noël, ainsi qu'à son chalet, à son bureau et au bureau de son avocat.

Le juge a fait le commentaire suivant: «La cour ne peut s'empêcher de constater que M. Vennat se contredit et est contredit par la preuve à de nombreuses reprises, minant ainsi grandement sa crédibilité.»

Le juge a dit partager la vision de M. Beaudoin, qui s'est considéré dans cette affaire comme victime d'une vendetta pour son opposition à l'attribution d'un second prêt à l'Auberge Grand-Mère, propriété d'Yvon Duhaime, dont la situation financière n'était pas reluisante.

Plus loin, le juge écrit: «On aurait voulu le briser et ruiner sa carrière que l'on n'aurait pas agi autrement. Toute cette affaire laisse une profonde impression d'injustice.»