En baisse de 20 % au Québec par rapport à 2002 - Le capital de risque se fait rare

L'industrie du capital de risque au Québec a continué de souffrir en 2003 de la frilosité des investisseurs.

Les investissements en capital de risque ont totalisé 575 millions au cours de la dernière année, en baisse de 20 % par rapport aux 720 millions investis en 2002, selon les données rendues publiques hier par Réseau Capital, l'association qui regroupe les intervenants du financement d'entreprises au Québec.

Le nombre d'entreprises financées est toutefois demeuré à peu près le même. Ainsi, 331 entreprises québécoises ont reçu du capital de risque en 2003, comparativement à 342 en 2002. Ces entreprises québécoises ont représenté 54 % du total des entreprises canadiennes qui ont été financées grâce à du capital de risque en 2003.

En outre, les entreprises du Québec ont récolté 39 % des investissements nationaux, ce qui dépasse largement la part de 28 % obtenue en 2002. Selon Réseau Capital, le Québec s'en tire mieux que les autres provinces canadiennes en raison de la vigueur de son secteur des sciences de la vie. Ainsi, pour l'ensemble du pays, les investissements en capital de risque ont chuté de 41 %, passant de 2,5 milliards en 2002 à 1,5 milliard en 2003.

Aux États-Unis, l'industrie du capital de risque a investi 18,2 milliards $US en 2003 dans 2235 compagnies, ce qui représente une baisse de 15 % par rapport aux 21,4 milliards $US de l'année précédente dont avaient bénéficié 2552 entreprises.

Prépondérance de la biotechnologie

La prépondérance des petites entreprises de biotechnologie dans l'industrie du capital de risque au Québec fait toutefois en sorte que l'investissement moyen par entreprise y est moins important que dans le reste du Canada. Ainsi, l'investissement moyen en 2003 s'est établi à 1,7 million, comparativement à 3,2 millions pour le reste du Canada.

«Dans le reste du Canada, tout particulièrement en Ontario, l'activité de capital de risque est concentrée en bonne partie dans les technologies de l'information et les télécommunications, a souligné la présidente de Réseau Capital, Annie Thabet. Les investissements sont beaucoup plus gros dans ces secteurs.»

La région de Montréal a accaparé 67 % des investissements en capital de risque au Québec en 2003, comparativement à 21 % pour la région de Québec et 12 % pour toutes les autres régions.

Mme Thabet a souligné que la proportion de 8,5 % des investissements effectués par des sociétés en commandite privées demeure encore «très faible» au Québec. Plus précisément, 32 % des investissements ont été réalisés par des fonds de travailleurs et 18 % par des organismes gouvernementaux. En guise de comparaison, les sociétés en commandite privées représentent une part de 15 % des investissements au Canada et de 70 % aux États-Unis.

«Beaucoup d'efforts seront encore nécessaires pour favoriser la levée de nouveaux fonds spécialisés privés au Québec et [...] le temps presse afin d'éviter de créer un vide au niveau de l'offre de capital, a dit Mme Thabet. En effet, des investisseurs importants au Québec comme la SGF et les sociétés Innovatech ont déjà ralenti leur rythme d'investissement et pourraient même être amenés à se retirer du marché du capital-risque.»

Pour le quatrième trimestre, 118 entreprises québécoises ont bénéficié d'investissements de 155 millions, ce qui marque une légère augmentation par rapport aux 149 millions investis lors des trois derniers mois de l'année 2002.

«Il est encore un peu tôt pour conclure à une nouvelle tendance dans le capital de risque, même si les deux derniers trimestres 2003 ont été meilleurs que les trimestres correspondants de 2002», a dit Mme Thabet.